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22 juin 2014 7 22 /06 /juin /2014 23:10

    Du 27 avril au 4 mai 2014


Nous savons que nous n’aurons pas le temps de visiter le sublime pantanal au Brésil, mais beaucoup nous ont dit que les Esteros del Ibera en Argentine y ressemblaient pas mal en plus petit.

Nous faisons donc le crochet depuis Mercedes pour aller voir cette réserve naturelle. C’est une zone humide et marécageuse de 300km sur 50km formée par l’ancien cours du Rio Parana (2ème fleuve d’Amérique du sud après l’Amazone). Sa superficie fait 13000km2, ce qui en fait la 2èmeau monde après le pantanal brésilien justement. Les Esteros rassemblent 7 immenses lagunes, seule la pluie alimente ces marais, qui ne sont irrigués par aucun fleuve, une caractéristique qui les protège de la pollution, l’eau est quasiment stagnante mais la végétation agit comme un filtre et contribue à renouveler l’oxygène. Ce paradis est pour l’instant peu menacé par le tourisme de masse car les pistes pour y accéder sont longues et en mauvaise état et la construction d’hôtel est très limitée.

On peut y observer de nombreux mammifères et reptiles : caïman, capybara (carpincho en espagnol), c’est une star dans la réserve car c’est le plus grand rongeur du monde (135cm de longueur et 65 kg), totalement inoffensif. On peut voir aussi renard, cerf des marais, boa (anaconda argentin), gazelle, singe hurleur, tatou, loutre, loup à crinière, opposums… Les oiseaux constituent l’une des principales richesses des Esteros car il y a plusieurs centaines d’espèces : pivert, martin-pêcheurs, colibri, perroquet, vautour, cormoran, des échassiers (aigrette, spatule blanche, jabiru d’amérique, courlan brun, chauna à collier, canards de toute sorte…). Quant à la flore, au printemps des milliers de fleurs éclosent sur les eaux des lagunes, les îlots végétaux et les abords des marais, des nénuphars aux fleurs multicolores, sans oublier le palmier régional.

12 Esteros Del Ibera

Voilà donc ce qui nous attend, même si la saison n’est plus aussi propice que celle du printemps, nous sommes motivés pour parcourir les 120 km depuis Mercedes, dont 70 km de piste de terre. On est un peu inquiet en voyant l’état de la piste car s’il pleut, elle devient impraticable. En attendant, il fait plutôt très chaud et on met 3h30 pour arriver à Carlos Pelligrini, village minuscule au pied de la laguna Ibera. Nous avons profité des paysages et surtout des nombreux animaux aperçus sur notre passage (tortues, oiseaux en tout genre, cerf, capybara, canards, échaciers…), ainsi que du coucher du soleil sur les Esteros. On bivouaque sauvage au bord de la lagune, on mange et on se couche.

12 Esteros Del Ibera1

Au petit matin, il se met à pleuvoir, on est dégouté, surtout que ça fait plusieurs semaines qu’il n’a pas plu ici ! On file au centre d’informations tenu par les guardaparques. On visite le petit musée de comporte de très belles photos de la réserve et prenons des renseignements sur les petites balades à faire autour de la lagune. On croise un chat sauvage des montagnes, attention à ne pas confondre avec un simple chat domestique.

nord-est-argentin 0998

12 Esteros Del Ibera2

Il continue de pleuvoir de plus en plus, les gens nous disent qu’ici le temps est imprévisible et changeant, il faut attendre. On fait école puis allons au camping du village en bordure de lagune. Il est extrêmement bien placé, le cadre est très beau, il y a des douches chaudes, de l’eau, électricité et abri avec table et barbecue. On négocie le prix, c’est ok.

12 Esteros Del Ibera6

Les enfants partent pêcher malgré la pluie, Théo ramène un petit piranha. J’allume le pc pour faire le blog et je m’aperçois que l’écran reste noir, notre seul ordi vient de rendre l’âme, ce qui veut dire plus de films, de stockage de photos, internet, et tout les programmes qui nous permettaient de programmer nos itinéraires et nos bivouacs. Sacré coup au moral !

Je me mets à faire des crêpes pour m’occuper. Pierre discute avec un couple d’espagnol voyageant dans le sud du continent. L’après-midi se passe tranquillement, toujours sous la pluie.

Le lendemain, elle a cessé mais le camping est complètement boueux. On part faire une balade sur les sentiers autour de la lagune. D’abord celui des monos dans une petite forêt où on est censé voir des singes hurleurs mais à part un cerf des marais, on ne voit pas grand-chose.

12 Esteros Del Ibera3

Nous marchons ensuite sur une passerelle aménagée qui longe la lagune, on voit des capybaras, cerfs des marais, oiseaux, canards, papillons, des caïmans et surtout un nid avec plusieurs petits croco sous l’œil de leur mère.

12 Esteros Del Ibera4

12 Esteros Del Ibera5-001

Après le repas, nous craignons qu’il pleuve à nouveau rendant la piste du retour trop difficile et décidons de repartir. Il est 13h30 et on ne se doute pas de la galère qui nous attend. On croise d'abord un troupeau de vache mené par des gauchos, puis la piste devient catastrophique, c’est de la boue glaireuse avec des sillons profonds qu’il ne faut pas quitter sous peine de s’embourber. Impossible donc de faire demi-tour une fois lancé dessus.

Le camping-car avance mais peine à garder sa trajectoire, il glisse de droite à gauche. La pluie revient légèrement.

12 Esteros Del Ibera7

A 16h30, on rencontre une voiture embourbée face à nous, cela nous oblige à ralentir et changer de trajectoire, on quitte les sillons et on s’enlise à notre tour. On a fait à peine 35km, autrement dit la moitié, on est coincé là au milieu de rien, on commence à s’inquiéter. Les cales de désensablement ne donne aucun résultats on avance pas du tout. Pierre est pieds nus dans la boue, elle colle et ne s’enlève pas si facilement. Un 4x4 arrive enfin, et les véhicules sont peu fréquents sur cette route surtout quand il pleut, il s’arrête. C’est un groupe très sympa de gauchos habitués à sortir des véhicules de cette situation, ils sont donc bien équipés (sangles, crochets,…). Ils nous sortent de là et nous replacent sur la piste dans les traces. On les remercie grandement et continuons pendant environ 20 kms (soit 2h de conduite dans une extrême concentration). On s’embourbe à nouveau, il est 19h et nous sommes moralement épuisés. Les plaques ne nous aide pas ici non plus. La nuit est tombée, plus personne ne passe, on décide de rester planté là, en plein milieu de la piste. Il reste 15km, on verra demain…

Je prépare des pizzas avant de nous coucher. La nuit sera hyper calme, nous sommes au milieu de rien, il ne pleut plus.

Après le petit déjeuner, Pierre analyse la situation, pas grand-chose à faire à part attendre le passage d’un 4x4. Le premier arrive enfin, mais ne peut pas nous aider. Au bout d’un moment un second arrive, ce sont 2 femmes, elles acceptent de tenter de nous aider. On sort notre sangle, je me mets au volant et Pierre pousse, ça fonctionne, on sort mais la sangle lâche rapidement, on retente le coup et avançons chaque fois de 1 ou 2 mètres avant que la sangle ne relâche. On fait plusieurs manœuvres jusqu’à ce que je sente qu’on est bien sorti de ce bourbier et reparti sur les rails.

On ne sait pas comment remercier les filles qui viennent de passer une demi-heure à nous sortir de la galère. On reprend la route, je reste au volant pendant un petit moment. On continue les 15kms restants à une vitesse constante de 10-15 km/h, sans freiner, sans accélérer, sans dévier de trajectoire, dans les traces principales au milieu de la piste, et ça passe ! Après 1h30 de crispations, nous voilà sur le goudron, on pleure presque de joie et de soulagement. Encore 50km avant d’arriver à Mercedes. Le camping-car est sale, le châssis rempli de boue, les freins aussi car ils ne fonctionnent pas très bien.

En 2 ans de voyage, c’est un peu normal de vivre des galères, nous relativisons, ça aurait pu être pire, il n’y a pas eu de problème mécanique.

On fait quelques courses, on mange et reprenons la route en direction de Posadas, par la ruta 12, plus belle que la 14. On traverse de beaux paysages de marais, longeant maintenant la réserve sur son versant ouest. Les chevaux et les vaches pataugent dans les marécages.

On bivouaque vers 19h dans le village de San Miguel, dans une petite rue. C’est là qu’on fait connaissance avec Monica qui habite en face avec ses 3 enfants. On lui offre quelques jouets, discutons un peu puis allons nous coucher.

17 en route vers Posadas

Le lendemain, avant de partir, Monica nous offre des oranges et des avocats de son jardin. On démarre vers 10h et sommes maintenant côté nord de la réserve.

A 14h, nous arrivons dans la ville de Posadas, capitale de la province de Misiones séparée de Encarnacion, sa voisine paraguayenne, par le Rio Parana. Le pont San Roque Gonzales de Santa Cruz enjambe le Parana sur 2550m et relie les 2 villes. Nous parcourons la belle costanera longeant le fameux fleuve. C’est bien aménagé puisqu’on trouve de nombreuses aires de jeux pour enfants, une piste pour joggers et cyclistes, une petite plage, un skatepark, ect.

On se pose donc là car les enfants ont envie de pêcher.  Pierre se met à décraser le cc. Je tente d’allumer l’ordi qui, par je ne sais quel miracle, fonctionne ! J’en profite pour faire les dernières sauvegardes de photos sur disque dur.

17 en route vers Posadas1

Le soir on admire le coucher de soleil faisant une belle lumière sur la ville.

On quitte la ville le lendemain matin, on fait quelques courses et allons à une station service pour avoir internet. On skype pas mal de monde, la journée se passe et vu que nous sommes bien installés, on décide de rester là pour la nuit.

On repart le lendemain et approchons des missions jésuites. L’étroite province de Misiones, qui pointe comme un doigt au nord-est entre le Brésil et le Paraguay, doit son nom de ces fameuses missions qui s’installèrent dans la région et dont les ruines constituent une attraction majeure.

Misiones se distinguent par la beauté de se paysages : un tracé vallonné à travers des collines, des bosquets, des bambous, des vergers de papayes ou de maniocs. La route longe les plantations de thé et de maté (principal producteur du pays), qui pousse sur le sol rouge typique de la région.

Les missions jésuites (voir le magnifique film avec Robert De Niro et Jeremy Irons) se sont développées en 1 siècle, 30 missions ont été créées rassemblant plus de 100000 indigènes (guaranis) et transformant en profondeur la physionomie économique et sociale de la région.

Nous ne visiterons malheureusement aucune d’entre elles, beaucoup trop chères pour nous, même les enfants payent le prix fort. Après donc un passage à San Ignacio, village qui possède la mission la mieux conservée du pays, nous repartons en direction de Puerto Iguazu.

18 de San Ignacio à Iguazu

Il fait vraiment très chaud et humide. On fait une halte dans le village de Montecarlo, capitale de l’orchidée,  où l’on visite un petit aquarium.

18 de San Ignacio à Iguazu1

On s’arrête un fois de plus le soir sur une station service.

Le lendemain, nous nous rendons à Wanda. Cette petite ville est connue pour ses nombreuses mines d’améthyste. En effet, son sous-sol volcanique regorge de pierres précieuses (améthyste, aigue-marine, topaze, cristaux…). C’est une zone située sur une faille géologique traversant le Paraguay, l’Argentine et le Brésil.

18 de San Ignacio à Iguazu2

La visite commence étrangement par un parcours expliquant les croyances des indiens guaranis, sur le sol on voit déjà pleins de petits bout de pierre, en grattant un peu on peut en ramasser des pas mal, incroyable, ça pousse partout ces gemmes.

18 de San Ignacio à Iguazu3

Puis nous assistons à la projection d’un film sur la création (très bien fait). Ensuite, nous passons dans une pièce regroupant une très belle collection de pierres précieuses. Enfin, accompagnés d’un guide parlant français (césar), nous découvrons la mine et apprenons comment les géodes sont extraites.  On en voit de nombreuses sortants de la roche de la mine et même des pierres en forme d’ailes d’ange. Les géodes sont en fait des bulles de lave dans lesquelles naissent les gemmes.

18 de San Ignacio à Iguazu4

18 de San Ignacio à Iguazu5

Après la visite, le parcours se termine bien évidemment dans la boutique. Nous mangeons sur le parking, puis passons un bon moment à ramasser des petites pierres autour de nous. En grattant, on en trouve de très belles.

18 de San Ignacio à Iguazu6

Dans l’après-midi, nous arrivons à Puerto Iguazu, nous sommes proche des chutes d’Iguazu côté argentin. Nous allons nous garer le long de la costera près du « Hito Tres Fronteras », c’est ici que l’on peut voir en un seul coup d’œil 3 pays et 2 fleuves : Paraguay à droite, Brésil en face et l’Argentine où nous nous trouvons, à nos pieds le Rio Iguazu et le Rio Parana côté Paraguay. On se balade un peu. Sur place, un monolithe célèbre l’amitié entre les 3 pays, au milieu des stands de souvenirs.  On fait connaissance avec un couple de mexicains voyageant dans le continent et vendant des macramés. On bivouaque ensuite près de la place, sur un petit parking face à l’église et une école. Demain, grand jour, nous allons visiter les mythiques cataras.

19 Puerto Iguazu et les chutes

nord-est-argentin 1390

map esteros - missiones

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22 juin 2014 7 22 /06 /juin /2014 22:21

    Du 22 au 27 avril 2014  

 

Nous avons quitté la côte argentine pour nous diriger un peu plus dans les terres. Déjà le paysage change rapidement, et pour cause, nous ne sommes désormais plus en Patagonie, le paysage est plus vert, plus humide et plus chaud surtout. D’ailleurs on retrouve des insectes, mouches, moustiques, ect…

Le temps nous est maintenant compté avant le retour en France dans 2 mois environ. Nous voulons faire un bout du Brésil. Nous allons donc rapidement vers le nord de l’Argentine en évitant la capitale, Buenos Aires, que nous ferons au retour puisque c’est de là que notre avion décollera.

Notre première étape est assez étonnante puisque nous atterrissons dans une petite ville de la province de Buenos Aires : Pigüé, fondée par une colonie d’aveyronnais en 1884 !

10 Pigue

Les rues portent des noms tels que Calle Ciudad de Rodez ou Calle Aveyron.

Nous nous y arrêtons donc histoire d’en connaître davantage sur la création de cette ville.

On tourne un peu et trouvons un joli parc faisant aussi camping municipal. C’est gratuit et il y a de quoi se brancher à l’électricité, de l’eau, des wc, des aménagements pour pique-niquer (tables, bbq).

10 Pigue1

Nous passons une excellente nuit, au calme et dans un cadre sympa. Le lendemain, on amène du linge à la lavanderia et allons ensuite visiter le musée de la ville qui se trouve justement dans le parc où nous bivouaquons !

Le 25 octobre 1884, un groupe d’aveyronnais (une cinquantaine) embarquait à bord d’un bateau en direction de l’Argentine. François Issaly, un des fondateurs de cette colonie acheta des parcelles de terrains en pays gaucho et c’est ainsi que la ville fut doucement créée.

10 Pigue2

Après cette visite intéressante, nous retournons à notre campement. Pierre bricole sur le camion  et range les soutes. Nous sommes accostés 2-3 fois par des habitants qui nous souhaitent la bienvenue et nous racontent leur origine aveyronnaise. Même si notre plaque est immatriculée 12, ils ne savent pas forcément que nous venons de l’Aveyron !

En soirée, nous allons à la station service en sortie de ville. On nous a indiqué que le wifi était excellent et qu’il y avait des douches chaudes gratuites. C’est pour nous toujours plus simple, alors on en profite. On fait les démarches de réservation pour le cargo qui ramènera le camping-car en France (merci aux copains voyageurs pour leurs tuyaux : Christine, JM, Fannie, Nico, Barbara, Arcadi).

Après une dernière nuit dans le parc, nous récupérons le linge et nous remettons en route. Une journée de conduite puis arrêt le soir dans un petit village, Rafaël Obligado. On dort sur la place en face d’une école.

Nouvelle journée de route, nous allons vers Rosario, que nous atteignons en début d’après-midi. C’est une grande ville mais agréable à parcourir. On se gare dans le centre, face au Monumento Nacional a la Bandera. Manuel Belgrano qui dessina le drapeau argentin, bleu et blanc, repose dans une crypte sous ce monument. Nous montons tout en haut de l’immense obélisque en pierre, on a une belle vue sur la ville et le rio Parana qui la borde, c’est le second plus grand fleuve d’Amérique du sud après l’Amazone.

11 Rosario

11 Rosario1

Nous allons ensuite marcher dans l’Avenida Cordoba, c’est pleins de magasins modernes. On se rend jusqu’à la maison natale du Che, un immeuble très commun mais qui a abrité un des hommes les plus vénérés du pays.

11 Rosario2

On quitte la ville vers 16h30, longeant le Rio Parana et ses plages, nous regagnons l’autoroute et finissons sur une station service où nous passons la nuit.

Nous allons maintenant vers Santa Fe, on s’y arrête pour le repas et continuons ensuite vers Parana. Les flics nous arrêtent car nous n’avons pas l’autocollant 110 à l’arrière. L’amande est salée mais après de longues négociations, ils nous laissent partir sans rien payer. On s’arrête rapidement acheter le 110 pour ne plus être emmerdés. 

11 Sanra Fe

Le soir, on s’arrête encore sur une station service pour y passer la nuit, nous sommes à Esquina dans la province du Corrientes, la Mésopotamie argentine.

Le lendemain, nous roulons en direction de Mercedes. Il y a beaucoup de marécages, les paysages changent encore, on voit beaucoup d’animaux (chevaux, vaches, renards, nandous… qui pateaugent dans les marécages) mais surtout des oiseaux (hérons, cigognes,…).

12 en route vers Mercedes

12 en route vers Mercedes1

12 en route vers Mercedes2

 

Arrivés à Mercedes, nous allons visiter le mythique sanctuaire du Gauchito Gill.

Au bord de toutes les routes du pays fleurissent des autels de fortune dédiés à des grandes figures du pays. Nous avions visité au début de notre arrivée en Argentine, celui de la Difunta Correa, retrouvée morte dans les montagnes avec son bébé accroché au sein. Nous voici maintenant dans la région de celui de Gil le gaucho, sorte de Robin des bois qui vécut dans la province au XIXè siècle et qui se serait distingué par son esprit d’indépendance, son refus d’obéissance (ce qui lui valut d’être exécuté ici même) et ses pouvoirs surnaturels. Dans tout le pays, on peut voir des sanctuaires à son effigie, reconnaissables par leur couleur rouge.

12 en route vers Mercedes3

Nous sommes donc dans le sanctuaire principal, on hallucine un peu de la chose, un monde pas possible, des fidèles venus prier et déposer des ex-voto. Il y a des objets divers partout, comme le maillot que portait Maradona lors de la coupe du monde 1986. Ahhh, ces argentins !!!

Vers 15h, nous entamons la piste nous menant à Esteros del Ibera, le pantanal version argentine…

map-nord-est-argentin.jpg

 

 

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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 21:21

    Du 14 au 22 avril 2014

 

On a quitté la Terre de Feu hier, nous voilà côté est de l’Argentine, nous allons parcourir la Ruta 3 sur encore près de 2000 km, route asphaltée unique longeant la côte jusque Buenos Aires.

map ruta 3

Nous allons à Rio Gallegos pour faire des courses, mettre du gazoil et voir à quoi ressemble cette ville. Le front de mer n’est pas franchement beau, il parait pourtant que c’est ici que l’on peut voir les plus beaux couchers de soleil.

Nous reprenons donc rapidement la RN3 qui se déroule toujours le long de l’océan, au milieu d’un paysage désertique et monotone de Patagonie.

Un peu avant Piedra Buena, c’est la panne ! En effet, les villes ne sont pas nombreuses sur la route, le vent souffle parfois de face doublant la consommation de carburant, il ne faut donc pas se faire surprendre, et là pour nous c’est raté ! Pierre prend donc notre bidon de réserve (vide évidemment !) et se fait prendre en stop très rapidement. Le chauffeur est très sympa et le ramène de suite après, la station n’était qu’à 10 min.

Une fois cet incident clos, nous nous rendons non loin de là au Parc National Monte Leon. Falaises abruptes, longues plages de sable où l’on peut voir des colonies de manchots de Magellan, de lion de mer et des cormorans. Nous n’avons pas le droit de bivouaquer à l’intérieur du parc et il est trop tard pour le visiter, on se place donc juste à l’entrée pour passer la nuit et attendre le lendemain.

2 Comandante Luis Piedra Buena

Nos amis les Passifou arrivent (on se retrouve toujours par hasard), on passe la soirée à discuter.

Le lendemain, la piste étant mouillée car il a plu cette nuit, l’entrée du parc n’est pas autorisée. Il faut attendre et on ne sait pas combien de temps, du coup, on décide d’avancer.

On s’arrête à Puerto San Julian, c’est ici que Ferdinand de Magellan arrive avec sa flotte. Il y a d’ailleurs sur la plage, une réplique taille réelle du Nao Victoria, la seule des 5 embarcations de Magellan à avoir terminé son tour du monde. Elle mesure 25m de long, 7m de large avec un mât culminant à 24m, cette drôle de coquille de noix  semble peu adaptée à une telle odyssée sur tous les océans du globe… Après le repas, nous visitons l’intérieur du navire, les enfants adorent…

1 Puerto San Julian

1 Puerto San Julian2

1 Puerto San Julian3

1 Puerto San Julian4

Nous empruntons ensuite le circuito costero, un circuit côtier (une piste) qui part de Puerto San Julian et qui épouse sur 30km les falaises vertigineuses et les plages sauvages du littoral.

2 Circuito Costero

Nous nous arrêtons devant l’un d’elles pour gouter et ramasser des coquillages. Les vagues sont fortes et forment d’impressionnants embruns marins.

2 Circuito Costero1

Après cette petite expédition, nous retrouvons la Ruta 3 avant de bifurquer un peu plus loin vers le Monument Nacional Bosques Petrificados. Une piste de 50 km en moyen état et très irrégulière pour atteindre le site. Ca a intérêt à valoir le coup !!!

Il y a 150 millions d’années, des forêts parsemaient la Patagonie. Après le soulèvement de la cordillère des Andes, le climat changea, d’importantes éruptions volcaniques détruisirent les massifs boisés. Les cendres empêchèrent la décomposition des végétaux. L’eau s’infiltrant dans les sous-sols apporta avec elle des sels minéraux qui pénétrèrent dans les cellules des arbres et s’y cristallisèrent. En se décomposant, la matière organique laissa derrière elle des répliques à l’identique de ces arbres, mais en pierre !

Nous roulons sur la piste, le paysage est monotone, on roule à 20km/h et c’est éprouvant.

La nuit tombe, nous arrivons dans le parc vers 20h et comme beaucoup de voyageurs avant nous, on se fait virer car il est interdit d’y passer la nuit. On a tenté comme des idiots !

3 MN Bosques Petrificados

On est obligé de faire 10 km en sens inverse pour stationner devant le panneau de l’entrée du site, les boules !!! En plus, il n’y a aucun bas côté, ça penche partout et il y a du vent, tampis on va faire avec ! Finalement la nuit ne sera pas si mauvaise.

Nous retournons au parc vers 10h, on ne croise personne sur cette route déserte. Le paysage est plus intéressant qu’en début de piste, surtout qu’il fait jour maintenant, on dirait le décor de la Death Valley au USA. Mais il fait froid et il y a beaucoup de vent. La balade fait 2km (1h environ), entre les bois pétrifié dont la taille de certains troncs est impressionnante, près de 35m de longueur et 3 m de diamètre, ce qui fait d’eux les plus grands arbres pétrifiés jamais découverts. Le détail des veines, des cernes, de l’écorce est remarquablement restitué. Il est interdit de ramasser des morceaux mais les enfants ont discrètement emportés quelques souvenirs. On passe ensuite visiter le petit musée.

3 MN Bosques Petrificados1

3 MN Bosques Petrificados2

3 MN Bosques Petrificados3

3 MN Bosques Petrificados4

Nous mangeons un peu plus loin sur la piste, un peu avant la sortie du parc, c’est là que nous profitons de ramasser, loin des regards, les plus belles pièces de bois pétrifié.

ruta-3 0488

Nous refaisons les 40 km de piste restants, péniblement. Puis 200km sur la ruta 3 jusqu’à la Villa Rada Tilly où nous bivouaquons tranquillement au bord de la plage. C’est une petite station balnéaire assez huppée.

4 vers Rada Tilly

4 vers Rada Tilly1

On reprend la route le lendemain, nous traversons rapidement la grosse ville de Comodoro Rivadavia.

Après des centaines de kilomètres sur la ruta 3, nous bifurquons vers Camarones. Nous voulons visiter Bahia Dos Cabos, c’est une réserve naturelle qui compte une grande colonie de manchots de Magellan dans un cadre magnifique. Non loin de là, on peut voir aussi la célèbre estancia de Florent Pagny. Malheureusement, les locaux nous déconseillent d’emprunter la piste qui fait tout de même 30km, il a plu et elle n’est pas très praticable. On reste donc à Camarones, complètement désert en cette saison, où on s’offre une nuit au camping municipal face à l’océan histoire de profiter des douches chaudes, de l’eau, électricité et d’internet. Je fais du ménage profitant de l’eau à volonté, puis après une bonne douche, nous goutons aux délicieux empanadas au saumon que prépare la gérante du camping. Nous sommes au chaud dans le camping-car grâce au radiateur électrique que nous avons branché, on s’endort comme des bébés.

5 Camarones

Nous quittons le camping en fin de matinée, la ruta 3 reprend sur une longue distance, il fait froid et un vent à décorner les bœufs. On bifurque sur la RN 75 pour nous rendre dans la réserve de Punta Tombo. C’est une péninsule qui s’avance sur 3 km dans les eaux de l’atlantique. Cette étroite langue de terre abrite la plus grande colonie de manchots de Magellan des côtes argentines, plus d’1 millions d’individus !

Nous arrivons vers 16h, on y retrouve les Passifou arrivés hier soir. La réserve ferme vers 19h, mais il fait un beau soleil pour encore pouvoir en profiter.

Le tour commence par la visite du musée, puis nous attendons dans un salon qu’une navette vienne nous chercher et nous emmène à l’entrée du site.

6 Punta Tombo

Le sentier jusqu’au bord de l’océan fait 1,5km aller. Malgré que la saison se termine car les manchots migrent vers le nord, on observe un nombre impressionnant de pinguinos, des nids à perte de vue creusés dans le sol sous les arbustes.

6 Punta Tombo1

6 Punta Tombo2

Nous marchons 1h30, la lumière du soleil couchant est belle mais il fait très frais.

6 Punta Tombo3

Nous revenons au cc et roulons ensuite vers Playa Union où nous bivouaquons près de la plage.

7 Trelew, Playa Union

L’endroit est moyen, le lendemain matin nous partons rapidement, on s’arrête à la sortie de Trelew, une ville galloise, sur une station service full équipée (cafet, épicerie, wifi, douches), on s’installe dans les fauteuils de la cafeteria, au chaud, je publie un article sur le blog, Théo fait son évaluations de math, on s’informe pour le retour (ferry, billets d’avion…). Bref, la journée passe et on se dit qu’on est pas si mal ici. On reste donc pour la nuit.

Le matin, nous profitons encore d’internet pour skyper la famille puis reprenons la ruta 3 en direction de Puerto Madryn, on y fait des courses au Carrefour, mangeons sur le parking et allons non loin de là à la Péninsule Valdés.

8 Puerto Madryn, Valdès

Mais énorme déception : le prix ! 160$ adulte (16€), 80$ enfant. Ca semble sans cesse augmenter. Pour nous c’est trop cher, on est complètement hors saison, peu de chance de voir des animaux marins et beaucoup de piste pour se rendre au bout de la péninsule( 300km AR). On est triste mais on décide de zapper cet endroit pourtant mythique. En effet, c’est ici, entre juillet et décembre que les baleines franches australes viennent allaiter leurs petits, tout proche des plages. Pas besoin de prendre de bateaux pour les voir. On peut aussi observer d’autres animaux comme les éléphants de mer (phoques), les lions de mer (otaries), les manchots de Magellan, des dauphins de Commerson (les plus petits du monde), des orques, mais aussi renards, nandous et guanacos.

La période des orques s’étend d’octobre à mars, nous sommes aussi trop tard, c’est pourtant eux que nous aurions aimé voir le plus. Le plus grand prédateur marin de la planète. Spectacle unique au monde que celui de ses méthodes de chasse : il se jette sur la plage, se saisit d’un lion de mer, puis repart en se dandinant pour regagner le large, même si la scène est rarissime, on peut l’observer depuis la punta norte de la péninsule.

Allez, c’est reparti sur la ruta 3, on roule jusque Las Grutas, petite station balnéaire paisible et vide hors saison. Il est 18h, on bivouaque face à l’océan. Le soir, je fais des empanadas maison puis nous regardons un film tous les 4.

Ce village doit son nom à des grottes marines rongées par l’érosion. En raison d’une amplitude de marée exceptionnelle, les plages voient leur taille varier de plusieurs centaines de mètres à quelques mètres à peine. Au réveil, la marée est basse et nous en profitons pour marcher sur la plage et voir ces fameuses grottes.

7 Las Grutas

7 Las Grutas1

7 Las Grutas2

La municipalité a même creusé des piscines naturelles dans les rochers. On imagine le monde ici l’été ! On rentre par la rue piétonne. On aime bine ce village, c’est calme et joli.

7 Las Grutas3

Nous reprenons la route, la 3 évidemment, et après le repas de midi, nous faisons quelques courses au supermarché de Viedma. Nous partons ensuite à 30km, visiter le Balneario El Condor, à l’embouchure du Rio Negro, ce petit village abrite la plus importante colonie de perroquets au monde, environ 35000 nids dans les anfractuosités de ses falaises. Mais le soleil étant derrière, on se dit que les photos seront plus belles demain matin quand le soleil tapera sur la falaise. On fait 30km de plus et allons voir La Loberia, une colonie permanente de lions de mer australs. Sur la route, on aperçoit un putois. Curieux, on s’arrête pour tester la fameuse odeur que cet animal dégage, en effet c’est assez fort et désagréable.

8 vers La Loberia

En arrivant, la réserve est fermée mais le garde accepte de nous amener sur la passerelle gratuitement. On les observe de loin mais la colonie n’est pas à son maximum en cette saison.

On a aussi la confirmation que l’odeur du putois est forte et persistante puisque le gardien nous fait la remarque en rigolant, il a senti l’odeur sur nous !!!

On revient vers Balneario pour bivouaquer près de la falaise aux perroquets, on s'arrête sur la route juste pour faire des photos depuis le haut des falaises et revoir notre ami le putois. Les perroquets envahissent déjà les lignes électriques. On peut aussi voir le phare le plus ancien de Patagonie.

ruta-3 0721

8 vers La Loberia1

Dès l’aube, on entend les perroquets. On marche le long de la falaise, sous nos pas, ils s’envolent par centaine, c’est surprenant.

9 Balneario El Condor

9 Balneario El Condor1

9 Balneario El Condor2

On repart en fin de matinée, traversons Viedma, Carmen de Patagones puis Bahia Blanca.

On a pris la décision de ne pas suivre la côte jusque Buenos Aires que nous visiterons à notre retour puisque c’est de là que nous repartons en France. On prend donc le chemin le plus direct vers le nord de l’Argentine et les chutes d’Iguazu. On quitte la ruta 3, la Patagonie et roulons en direction de Pigué, un village aveyronnais !!!

 

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8 juin 2014 7 08 /06 /juin /2014 14:11

                   

Du 4 au 13 avril 2014

Nous posons le pied en Terre de Feu à Porvenir, après 2h30 de ferry depuis Punta Arenas.

Située à l’extrême sud du continent américain, Tierra del Fuego, ainsi que les canaux et les innombrables îles qui l’entourent, est le vestige de l’érosion exercée par d’anciens glaciers. Séparé du continent par le détroit de Magellan, s’achevant au sud par le Cap Horn, et divisé entre le Chili et l’Argentine, cet archipel enflamme l’imaginaire des voyageurs et des aventuriers. C’est Magellan, son découvreur, qui lui donna le nom magnifique de Tierra del Fuego en 1520, en référence, dit-on, aux feux allumés sur les côtes par les populations indigènes.

map-terre-de-feu.png

D’une superficie totale de 68000km2, l’archipel de la Terre de Feu s’étend sur près de 400km du nord au sud et sur 700km d’est en ouest. L’île principale, Isla Grande, mesure à elle seule 48000km2, répartis entre le Chili et l’Argentine. La chaîne montagneuse ici n’est plus appelée cordillère des Andes mais la cordillère de Darwin, elle culmine à 2500m d’altitude. Au sud, le Canal de Beagle sépare Isla Grande des îles chiliennes et de l’archipel du cap Horn, où se rencontre l’océan Pacifique et l’océan Atlantique. Il fut autrefois le lieu de bien des naufrages, les plus célèbres sont ceux du vapeur Sarmiento et du Monte Cervantes qui se fracassa contre l’îlot qui accueille depuis 1930 le célèbre Phare Les Eclaireurs. La partie argentine de la Terre de Feu compte environ 125000 habitants, vivant essentiellement à Ushuaïa et Rio Grande. Nous sommes ici en terre d’extrêmes : climat rude, vents violents. Mais la Terre de Feu offre avant tout l’expérience du bout du monde car nous sommes dans la partie la plus australe de la planète, hormis l’Antarctique par-delà le mythique cap Horn.

Nous commençons donc notre voyage en Terre de Feu à Porvenir. Le village est minuscule mais nous y passons un petit moment, juste le temps de manger.

6 Tierra del Fuego coté chilien

La longue piste commence au milieu d’un paysage désertique de Patagonie. Nous longeons l’océan et observons pas mal d’animaux : flamants roses, renards, guanacos et surtout un groupe de dauphins jouant dans les vagues.

6 Tierra del Fuego coté chilien1

Les 100kms parcourus se sont fait sur une piste en bonne état et nous avons donc roulé à une bonne vitesse. Nous bifurquons ensuite vers Onaisin, il y a une réserve de pingouins, Parque Pingüino Rey, cela nous fait faire un petit crochet de 40km AR, mais ça vaut la peine puisqu’il n’y a qu’ici qu’on peut voir ce type de pingouins au cou jaune-orange, les manchots royaux, les 2ème plus grands manchots après le manchot empereur, la plupart se trouvant en Antarctique.

7 Parque pinguino Rey

7 Parque pinguino Rey1

Après cette halte, on reprend la route en direction de San Sebastian, la frontière entre le Chili et l’Argentine. La piste est un peu moins bonne (trous et ripio par endroit). Arrivés à la douane, on s’aperçoit qu’un voyant rouge s’est allumé et que nous perdons du liquide. C’est le radiateur, il fuit !!! Voilà les aléas des pistes. On se dit aussi que notre vitesse plus rapide sur la route de terre nous a été fatale. Nous qui roulons à une moyenne de 20km/h sur ce genre de route, nous nous sommes lâché en poussant à 50km/h, voilà le résultat ! Bref, on sort du Chili en moins de 10min de paperasse et faisons les 14km jusqu’à la douane argentine, Mauro tient le coup, on perd du liquide mais la température reste normale. L’entrée dans le pays nous prend 20min (toujours plus de temps car il faut faire à chaque fois des nouveaux papiers pour le véhicule). Suite à notre souci mécanique, on décide de rester là pour bivouaquer. De toute façon il fait quasi nuit et le froid se fait sentir.

Au réveil, toute l’eau du radiateur à coulé. Heureusement que nous sommes dans un camping-car car l’eau pour nous est en quantité importante, Pierre met pratiquement 15 litres pour remettre le niveau. On démarre et par chance la route devient asphaltée (elle le sera jusqu’à Ushuaïa). Ce qui nous permet d’aller plus vite et de remplir moins souvent car Pierre est obligé de rajouter du liquide tout les 10km. Sur le trajet, nous retrouvons l’océan Atlantique que nous n’avions pas vu depuis plus d’1 an.

1 Frontière + route vers Rio Grande

Nous arrivons à Rio Grande après 80km, capitale économique de la Terre de Feu à 220 km au nord d’Ushuaïa. Cité industrielle et pétrolière de 70000 habitants qui n’a rien d’attrayant. Bref, tout ce qui nous intéresse c’est de trouver un mécano. Tout semble fermé, et oui on est samedi !

On s’arrête chez « Mercedes truck » à tout hasard, l’homme comprend notre désarroi, d’autant plus que nous espérions être à Ushuaïa pour l’anniversaire de Vatea et que là rien ne pourra être fait avant lundi. Du coup, il nous met un produit dans le radiateur pour colmater la fuite en attendant la réparation que nous pourrons donc faire à Ushuaïa. On repart et ça fonctionne, plus rien ne coule durant les 220 km qui nous y amène.

Les paysages qu’on traverse sont superbes sous les couleurs d’automne. On fait une pause à Tolhuin, un petit village calme et verdoyant au cœur de la Terre de Feu et au bord du lago Fagnano. Ce lac de 117km de long a été formé par des glaciers et se trouve à cheval sur le Chili et l’Argentine.

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Depuis la plage, nous apercevons au loin les montagnes blanches de la cordillère, la route longeant le lac est une fine bande de terre coincée entre ce dernier et une lagune remplie d’arbres morts, du plus bel effet. Nous ferons halte ici à notre retour… mais pour l’heure nous continuons vers le bout du monde toujours au milieu d’un décor incroyable où la nature est reine.

    2 Tolhuin + lago Fagnano

2 Tolhuin + lago Fagnano1

3 route vers Ushuaïa

3 route vers Ushuaïa1

Enfin, nous voilà dans la « ciudad la mas austral del mundo » (ville la plus australe du monde), Ushuaïa, 57000 habitants, éminemment touristique, la ville s’étire le long d’une baie majestueuse baignée par les eaux glaciales du canal de Beagle et encerclée par les sommets de la cordillère de Darwin. C’est une ville attrayante et la nature ici regorge de merveilles à découvrir, sans compter les musées, la station de ski et d’autres sports de pleine nature.

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4 Ushuaïa

Nous prenons la route longeant le canal de Beagle et avons une vue plongeante sur la ville. On y fait un tour rapide avec le camping-car histoire de se repérer un peu, ça n’est pas très grand mais la ville comporte tout ce qui a de plus moderne malgré son isolement. Nous passons au Carrefour pour faire des courses (oui carrefour, enseigne de supermarchés français !), puis allons au camping connu des voyageurs. Nous souhaitons être dans de bonnes conditions pour l’anniversaire de Vatea. On négocie le prix vu que nous sommes hors saison et que nous comptons y rester quelques jours. L’endroit est assez rustique mais il y a des douches chaudes, du wifi, de l’électricité et un grand salon où l’on peut faire la cuisine. Nous sommes sur les hauteurs car le camping est au pied du glacier Martial. Nous avons une vue directe sur la ville et le canal de Beagle.

4 Ushuaïa2

La journée du lendemain se passe tranquillement, on se détend, je m’occupe des mails (j’apprends que mon frère vient d’être papa d’une petite Lilou), du blog, les enfants jouent dehors. On fait la connaissance d’une famille québecquoise avec 2 garçons du même âge que les nôtres, ils ont acheté un cc français et font un trip de 6 mois en Amérique du sud. On prend l’apéro le soir ensemble dans le salon. Il fait froid ! Notre petit radiateur électrique d’appoint nous sert bien quand on est branché à l’électricité.

Lundi, nous partons dans la matinée voir le mécano recommandé par le gérant du camping, il est spécialisé dans les radiateurs. C’est en effet une fuite causée par les vibrations qui ont créé une fissure. Il peut s’en occuper mercredi, il faut compter 1 journée complète de travail car il doit aussi nettoyer le circuit du produit de colmatage.

Nous allons ensuite nous promener en ville. On y retrouve les Passifou qui sont garés face au canal depuis 2 jours, pas si mal comme bivouac, on y viendra surement après l’anniversaire de Vatea. On papote tous ensemble puis retournons au camping, ils nous suivent pour que nous puissions fêter ça avec eux.

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4 Ushuaïa3

Mardi 8 avril : Joyeux anniversaire Vatea, 8 ans aujourd’hui !

Nous mangeons un bon repas : saumon cuit au four et frites. L’après-midi, on fait le gouter d’anniversaire dans le salon qu’on a décoré pour l’occasion. Vatea est heureux de ses petits cadeaux : pingouins en peluche, en pierre, jeux de société, stickers, magnet…).

4 Ushuaïa1

Le soir, je découvre ma nièce, Lilou, sur skype. Après une bonne douche bien chaude, nous nous retrouvons avec Céline et Nico dans le salon du camping, les enfants sont dans le cc en train de regarder un dessin animé.

Mercredi 9 : nous avons rendez-vous au garage à 10h. Durant la matinée, nous restons à l’intérieur du cc pour faire école. L’après-midi, nous partons à pied visiter le centre. L’Avenida Saint-Martin est remplie de boutiques, on y achète quelques petits souvenirs (autocollants, tee-shirt, cartes postales,…). Nous rentrons par la côte, le long du canal de Beagle, la vue est belle, on voit au loin l’Isla Navarino qui fait partie du Chili. On passe par le monument consacré aux combattants des îles Malouines puis par le port. Par endroits, on se croirait dans les rues de San Francisco tellement c’est pentu, mais non, on est presque au bout du monde…

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De retour au garage vers 17h, le mécano n’a pas tout à fait terminé. On en profite pour écrire nos cartes postales, un petit mot depuis le bout du monde c’est assez symbolique pour la famille et nos amis. On quitte le garage vers 20h, 2200 pesos de réparation, ce qui fait 220€ pour une grosse journée de travail. Nous partons nous garer en ville, Plaza Islas Malvinas, là où nous avions retrouvé les Passifou. Nous sommes face au canal, proche du casino et du supermarché La Anonima, à deux pas du centre ville, la vue est sympa, on a même trouvé une prise pour se brancher et une connexion wifi gratuite, franchement que demander de plus ! Seul hic, le passage de la route et donc le bruit des voitures.

Jeudi 10 avril : il y a un bloceos aujourd’hui dans la ville (raison politique), impossible donc d’y entrer ou d’en sortir, on est coincé ici jusqu’à demain.

On part en ville poster nos cartes postales et s’aérer. On croise par hasard Jean-Phi, que j’ai connu grâce à son forum de voyageurs et que  nous avions rencontrés à Puerto Natales. Ils viennent de faire une excursion au cap Horn, fantastique ! Ils filent maintenant vers le Perito Moreno. Sous leur conseil, nous allons à l’office du tourisme pour faire tamponner nos passeports « Ushuaïa ».

On finit notre journée en faisant école et le tri des photos.

Vendredi 11 : ce matin, il neige ! Mais le ciel semble s’éclaircir au loin et on se dit qu’on irait bien visiter le Parque Nacional Tierra del Fuego situé à 12km à l’ouest d’Ushuaïa.

Parque Nacional Tierra del Fuego, 630km2 qui s’étendent du canal de Beagle au lago Fagnano. Les chemins de randonnées sont très faciles, certains longent les baies et les rivières ou traversent les denses forêts indigènes, offrant de superbes paysages. En automne, les forêts de nires prennent des couleurs rougeoyantes.

Mapa-Parque-Nacional-Tierra-del-Fuego-2.jpg

D’innombrables oiseaux vivent dans le parc (condors, albatros, cormorans, goelands, sternes, huîtriers, grèbes…). Des animaux tels que le castor, introduit en 1946, on envahit la région, provoquant d’énorme dégâts écologiques, bouleversant le cours des rivières par la construction de barrages. On peut aussi voir des renards qui profitent de l’abondance des lapins.

Nous entamons la piste du parc jusqu’au lago roca, puis allons au centro de visitantes où un joli musée présente la flore et la faune locale, ainsi que des maquettes représentant la vie des indigène à l’époque.

5 PN Tierra del Fuego

5 PN Tierra del Fuego1

Nous roulons ensuite vers la magnifique bahia de Lapataia. Là se rencontre la forêt australe, la montagne et la mer.

5 PN Tierra del Fuego3

On se pose sur le parking, c’est ici (voir le panneau) que prend fin la ruta 3 qui démarre à Buenos Aires 3079 km avant. Nous mangeons sur place et faisons connaissance avec un renard peu farouche.

5 PN Tierra del Fuego2

5 PN Tierra del Fuego4

On se promène ensuite sur le senda castorera d’où l’on aperçoit d’impressionnants barrages de castors construits sur de petits étangs. Le travail fait autour des troncs est incroyable, la plupart des arbres sont tous coupés.

5 PN Tierra del Fuego5

Tout au bout, la vue sur la baie est magnifique, on ressent là une réelle impression de bout du monde.

5 PN Tierra del Fuego6

Au retour, nous retrouvons Jean-Phi, sa femme et sa fille. On discute ensemble un petit moment avant de monter au mirador Lapataia pour avoir une vue d’ensemble sur la baie : paysage d’herbes jaunes, d’arbres pliés par le vent, de marécages, de monts rocailleux et de cimes enneigées.

Nous reprenons maintenant la route en sens inverse, on s’arrête pour faire un autre sentier de castor. Nous n’en verrons pas mais les barrages qu’ils construisent sont impressionnants.

5 PN Tierra del Fuego7

Nous faisons ensuite la petite boucle autour du lago Negra, joli lac niché dans la forêt, les couleurs d’automne sont spectaculaires. La saison est intéressante pour les couleurs, nous avons eu du soleil, mais il fait relativement froid, ce qui ne nous motive pas à faire davantage de randonnées dans le parc. On se rend pour terminer dans la baie Ensenada, petite crique de galets bordée par la forêt, qui offre une vue sur l’Isla Redonda.

5 PN Tierra del Fuego8

Nous repartons en ville et bivouaquons comme la vieille après avoir fait quelques courses et un passage chez le coiffeur pour Pierre.

6 retour Ushuaïa

Samedi 12 avril : nous allons remplir nos bouteilles de gaz et quittons Ushuaïa pour prendre la piste longeant le canal de Beagle plus à l’est, jusqu’à l’Estancia Haberton , une des plus anciennes estancias de l’île.

7 vers Estancia Haberton

Elle fut fondée en 1886 par l’un des 1er missionnaires, Thomas Bridges, pasteur anglican qui se distingua toute sa vie par son respect et son attitude protectrice à l’égard de la population locale : les Yamanas. Aujourd’hui l’estancia, installée dans une jolie anse, ne pratique plus l’élevage ovin, mais elle est toujours gérée par les descendants de Bridges. Nous décidons de parcourir la piste y menant car les paysages y sont somptueux, un échantillon parfait de ce que peut offrir la Terre de Feu : forêts, marécages, côte déchirées et vastes steppes plantées de lengas banderas (arbres drapeaux) complètement déformés par le vent austral. En chemin, nous apercevons au loin, sur l'île chilienne Navarino, le petit port de Puerto Williams, certains considèrent d'ailleurs que Ushuaïa lui aurait volé le titre de ville la plus australe du monde, mais ça n'est qu'un minuscule village, il n'a donc pas ce titre.

7 vers Estancia Haberton1

Nous sommes seuls sur la route dans ce décor sauvage, seuls au bout du monde…

7 vers Estancia Haberton2

7 vers Estancia Haberton3

7 vers Estancia Haberton4

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7 vers Estancia Haberton6

Dans l’après-midi, nous rebroussons chemin, nous avons la belle surprise de voir une famille de grands pic-verts, le mâle a la tête rouge vif, mais il fait trop sombre dans la forêt pour avoir un bon rendu de photos, dommage.

On s’arrête au lago Fagnano près de Tolhuin où nous passons une nuit tranquille.

8 route du retour

Dimanche 13 avril : Il pleut des cordes et il fait très froid, pas grave, c’est une longue journée de route qui nous attend, nous quittons Tolhuin vers 10h. On s’arrête après Rio Grande pour manger et passons la frontière en début d’après-midi.

8 route du retour1

La piste commence, on prend la route qui mène vers Onaisin puis qui remonte vers Bahia Azul, des 3 routes possibles, il parait que c’est la moins pire. Celle qui monte directement depuis San Sebastian est très empruntée par les camions et donc complètement défoncée. C’est long, la piste est boueuse, le camping-car aussi ! C’est désertique, à part des guanacos et des moutons, on ne croise personne.

8 route du retour2

Les 40 derniers kilomètres sont goudronnés, ouf ça fait du bien ! Nous arrivons à Bahia Azul et le ferry qui part toutes les heures est déjà là. Il est 19h, il fait presque nuit et nous pensions dormir là, mais finalement autant prendre le bateau tout de suite. On nous indique de monter à bord, après 20 minutes de traversée du détroit de Magellan, nous débarquons. On suit les voitures et les camions, personnes ne s’arrête après la sortie du bateau, on s’étonne donc de partir sans avoir payé quoi que ce soit !

La frontière est à une trentaine de kilomètres, on s’y rend. C’est la première fois que nous passons 2 frontières le même jour. Après avoir mangé et passer la douane, nous nous garons un peu plus loin pour passer la nuit. Nous sommes sur la fameuse ruta 3 qui remonte jusque Buenos Aires, des kilomètres de steppe désertique en perspective, en pleine Patagonie côté Atlantique cette fois. Un sentiment étrange nous envahit puisque nous sommes allés le plus au sud possible et maintenant notre route repart vers le nord! 

 

 

 

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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 12:59

    Du 26 au 29 mars 2014


Nous venons de longer les superbes lacs Viedma et Argentino, lacs glacières du parc national des glaciers. Le lago Argentino est le 3èmeplus grand lac d’Amérique du sud, ses multiples bras mènent à une litanie de glaciers dont la superstar : le Perito Moreno.

carte glaciers

Nous arrivons dans la ville de El Calafate, situé sur la rive sud du lago Argentino. Cette ville champignon est totalement dévouée au tourisme car c’est le chemin d’accès obligatoire pour visiter le glacier Perito Moreno.

Nous nous trouvons d’abord un bivouac, les campings ici sont évidemment chers. Nous nous posons donc sur une petite place tranquille avec des jeux pour enfants, légèrement à l’écart du centre ville, mais à 10 minutes à pied.

4 El Calafate

Nous allons rapidement prendre nos marques, passage donc à l’office du tourisme, infos sur le parc (tarifs, camping…) puis sur les excursions en bateau au pied des glaciers, ainsi que le trek sur le glacier même, mais c’est excessivement cher et Vatea n’a en plus pas l’âge requis pour aller marcher sur le glacier.

Nous nous contenterons de l’entrée classique dans le parc. Au bureau des guaradaparques, Théo fait connaissance avec la statue de Monsieur Francisco Pascasio Moreno, alias Perito (expert) Moreno ! Le nom de ce grand explorateur argentin a été donné en effet au fameux glacier et à une ville située un peu plus au nord, ce fut un des premiers a dessiner les cartes de la Patagonie australe. Il joua aussi un rôle dans les difficiles négociations sur les frontières argentino-chiliennes. Au retour, nous flânons dans la rue principale, le long des boutiques à touristes.

Le lendemain matin, Pierre amène le linge dans une lavanderia. Il fait beau mais les nuages semblent être plus chargés vers les glaciers. Le Perito Moreno est à 80km d’ici, on pense se rendre devant l’entrée ce soir (on ne peut pas passer la nuit à l’intérieur du parc) et attendre là de voir si le temps est beau demain.

L’après-midi, nous faisons école et partons ensuite visiter le glaciarium. Ce centre de glaciologie nous permet de mieux comprendre la formation des glaciers, dommage que ça soit en anglais et espagnol, mais de nombreuses maquettes ont grandement intéressé les enfants.

4 El Calafate1

Après cette petite halte, nous filons donc vers l’entrée du parc (130 pesos/pers, gratuit moins de 16 ans). Nous arrivons vers 17h, on tente de demander au guardaparque si on pourrait y passer la nuit. C’est malheureusement interdit mais il est possible d’y rentrer ce soir et de revenir gratuitement le lendemain si nous passons la nuit au camping libre situé au lago Roca, à 30km d’ici. L’idée est intéressante, nous pourrons ainsi voir le glacier avec la luminosité du coucher du soleil, puis le lendemain, celle du matin. C’est parti ! Depuis l’entrée du parc, il y a tout de même 30km de route pour arriver au pied du glacier.

Le parque nacional Los Glaciares a été crée en 1937, il s’étend de Cerro Fitz Roy au nord jusqu’au glacier Frias au sud d’El Calafate. La beauté hors du commun des ses innombrables glaciers alimentés par le campo de hielo patagonico et leur importance écologique lui valent de figurer au patrimoine mondial de l’Unesco. Le paysage, avec sa multitude de lacs et ses chaînes de montagnes aux formes déchiquetées, est le fruit de l’érosion des glaciers, qui couvrait jadis une superficie bien plus grande, avant d’entamer un lent retrait. Le quel s’est accéléré ces dernières décennies à cause du réchauffement climatique. Tout les glaciers des Andes connaissent un retrait rapide et les spécialistes parlent d’une disparition quasi-totale dans les 20 prochaines années.

Le campo de hielo est une immense calotte glacière qui s’étale sur 900km du nord au sud et 45km de largeur. Ce champ de glace alimente, de part et d’autre de la cordillère des Andes (Chili et Argentine), une cinquantaine de glaciers. Autant de merveilles protégées dans le cadre du parc. Ce dernier abrite aussi une forêt magellanique dont les arbres prennent à l’automne des teintes multicolores, rendant le paysage encore plus féérique.

Vedette incontestée du parc, le glacier Perito Moreno mérite amplement sa renommée mondiale. Pour la magnificence, d’abord de son front glaciaire qui s’étend sur près de 5km dans le cadre grandiose d’un cirque montagneux, de part et d’autre de la péninsule de Magellan (1,8km dans le Brazo Rico et 2,4km dans le Canal de los Tempanos. L’immensité de ce glacier (250km2) fait perdre le sens des dimensions : à première vue, difficile de se rendre compte que les montagnes en arrière plan sont à 14km. Ses parois bleutées, sans cesse changeantes au gré des humeurs du climat, dominent à près de 70m de haut les eaux du lago Argentino. Mais c’est aussi c’est célèbres ruptures périodiques qui impressionnent le plus. C’est un des rares glaciers de la planète à avancer au lieu de régresser (fonte des glaces du au réchauffement climatique). Le perito Moreno avance de 2m par jour en moyenne au centre du front glaciaire et de 40cm sur les côtés. Le front du glacier a déjà d’ailleurs butté contre la péninsule de Magellan créant ainsi une forte pression sur la roche et un barrage de glace obstruant l’écoulement des eaux entre le Brazo Rico et le Canal de los Tempanos. L’eau commence alors un lent travail de sape, creusant le soubassement du glacier qui finit par s’effondrer dans un vacarme cataclysmique. Ce phénomène unique se renouvelle à intervalles réguliers, tous les 3 ans en moyenne ces dernières décennies, ces ruptures spectaculaires produisent d’énormes coup de tonnerre. En dehors de ce phénomène, le glacier gronde presque constamment et de petites ruptures nous donnent déjà un aperçu de sa grandeur et des bruits assourdissants que cela provoque.

Le long de la route, au fur et à mesure que l’on s’approche du glacier, on est stupéfait par la grandeur des lieux et surtout la taille du glacier qui se dévoile au loin, majestueux et grandiose ! On peut apercevoir des icebergs flotter sur le lac.

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Nous arrivons au parking, les passerelles installées face au glacier permettent de l’approcher sous différents angles. Le premier balcon nous donne une vue d’ensemble, ensuite nous avançons sur les passerelles et différents belvédères offrent des vues toujours changeantes sur les imposantes parois bleutées du monstre. Nous attendons là, sur le second balcon (vue panoramique la plus proche du Perito), le coucher du soleil à l’est du glacier.

5 Perito Moreno1

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Il fait très frais ici, on est tout de même face à 250km2 de glace !!!

Vers 19h30, nous faisons chemin inverse, direction le camping gratuit au bord du lago Roca. Nous mettons près d’1h à arriver (60km au total, dont 30 de piste). Ca fait de la route, mais cela nous permet de revenir gratuitement le lendemain. En plus, le lieu est paraît-il très beau et paisible, loin de la foule. Nous allons donc voir le guardaparque du camping pour qu’il nous tamponne notre billet d’entrée du parc pour y accéder le lendemain. On est crevés, on mange et on se couche…

Levés à 7h, on a 1h avant de rejoindre le glacier, on veut arriver à l’ouverture du parc à 8h.

5 Perito Moreno2

On se gare sur le parking du haut, l’emplacement permet même de voir le Perito Moreno depuis le camping-car.

La luminosité est très différente de la veille, les parois du Perito semblent plus ternes, mais il fait un peu brumeux en général le matin.

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5 Perito Moreno3

5 Perito Moreno4

On commence par parcourir les autres sentiers sur les passerelles, le balcon inférieur (158 marches), puis la passerelle qui offre une vue sur la Canal de los Tempanos et le côté droit du glacier.

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On voit les bateaux des tours operators qui s’approchent du glacier, ils sont tout petits à côté du Perito.

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Comme la veille, nous assistons à de nombreux effondrements de blocs glaciaires provoquant de grosses détonations qui résonnent de façon stupéfiante. Celles du soir sont en général plus spectaculaires car le soleil de la journée à fait fondre certaines parties qui se détachent en masse.

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5 Perito Moreno6

On passe la journée sur le site, on y mange et retournons régulièrement faire des photos et écouter le géant gronder.

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Le prix ne nous le permettait pas, mais on se dit que le trek (big ice) sur le glacier aurait été une super aventure, marcher sur le Perito Moreno et entrer dans ses cratères, observer les mini lagunes, descendre dans les cavités…

On quitte le parc vers 17h30, une dernière surprise de taille nous attend sans que l’on ne le sache : nous roulons tranquillement quand soudain, un puma surgit d’un bond du bosque et course un lapin juste devant le camping-car, 30 secondes de contemplation incroyable, pas le temps pour la photo évidemment. Moment furtif mais gravé dans nos mémoires !

Nous arrivons à El Calafate et retournons sur notre bivouac près des jeux.

Lorsqu’on quitte la ville le lendemain matin, nous croisons les Passifou qui sont arrivés hier soir. Nous les avions perdus de vue alors que nous devions faire la carretera australe ensemble. Notre rythme n’étant pas le même, difficile de se suivre. Ils vont voir le glacier, nous allons au Chili, à Puerto Natales, on s’y retrouvera probablement.

 

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10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 20:05

        Du 20 au 26 mars 2014


Nous revenons de la carretera australe au Chili et passons rapidement le village de Los Antiguos qui longe le lago Buenos Aires, beaucoup moins joli du côté argentin que du côté chilien où il porte le nom de lago General Carrera. On passe aussi très vite la ville de Perito Moreno (la ville pas le glacier), après y avoir fait quelques courses.

Nous sommes donc sur la ruta 40 en direction du sud. On décide de zapper le site très célèbre de la cueva de los Manos (les peintures préhistoriques les plus célèbres de Patagonie situées dans un très joli canyon qui représentent des mains et des animaux). Bref, ce site nécessite de faire 100km de piste AR, et franchement là, on est un peu blasé de faire du ripio.

 

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                                                                        Photo prise sur internet

On roule donc au milieu d’une pampa désertique, on commence à comprendre la réputation du vent patagon !!! D’ailleurs des panneaux en témoignent régulièrement sur notre trajet. On ne croise quasi personne, à part des guanacos (de la famille des camélidés) et des nandous (de la famille des autruches). On croise aussi nos premiers tatous, trop mignons, dommage qu’on en face encore des guitares avec leur carapace.

1 entre frontière et El Chalten1

1 entre frontière et El Chalten

On fait un arrêt pour la nuit à Baja Caracoles. On dirait un village fantôme perdu au milieu de rien. On stationne près de la petite station essence à l’ancienne.

On se rend compte que le frein à main ne tient plus, il faut le retendre. Nous avons aussi une crevaison lente.

Après une nuit de sommeil et de vent, Pierre s’efforce de démonter la roue pour mettre celle de secours, mais les écrous sont hyper serrés, la barre à mine ne passe pas non plus, Pierre l’a même tordue en forçant. Nous cherchons donc un mécano dans le minuscule village. En général, il y a souvent des petites gomerias (magasin de réparation de pneu) dans ce genre de coin.

Gagné : mais ce spécialiste n’est malheureusement pas équipé pour nous aider à démonter la roue, il n’y arrive pas non plus. On décide finalement de mettre une mèche au niveau de la brèche dans le pneu et on reprend la route.

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La ville la plus proche est à 230km, Gobernador Gregores. C’est sur notre route mais c’est loin, on croise les doigts pour que la mèche fasse son travail. Heureusement que cette route est en grande partie asphaltée, il y a des travaux à certains endroits mais la piste est assez bonne et pas trop longue.

Le pneu semble tenir, nous allons tout de même dans une gomeria un peu plus sérieuse. Le mécano a ce qu’il faut pour enlever la roue, on met notre pneu de secours et il répare le pneu crevé correctement (qui servira de pneu de secours).  

Après ce petit souci, nous repérons le camping municipal qui est étonnamment gratuit alors qu’il est équipé en douches chaudes, tables et bbq. C’est petit, ça paye pas de mine, mais pour nous c’est parfait, d’autant plus que nous sommes à l’abri du vent, inévitable en Patagonie, même s’il ne fait pas si froid que ça.

Nous prenons tous une bonne douche, mangeons des pizzas maison et allons nous coucher.

Nous nous levons tôt et reprenons la route vers El Chalten qui devient une piste pendant 80km.

1 entre frontière et El Chalten3

C’est pénible, on est au milieu de rien, le paysage est grandiose mais monotone. Nous subissons en permanence la violence extrême du vent.

On retrouve du goudron vers le village de « Tres Lagos », avant l’embranchement pour El Chalten.

On longe le lago Viedma et sommes heureux d’apercevoir au loin les pics enneigés et les glaciers.

Nous entrons dans la zone nord du Parque Nacional Los Glaciares (parc national des glaciers), un des plus beaux coins de Patagonie. Si on a la chance d’avoir du soleil, tout devient magique.

On arrive à El Chalten dans la soirée, il fait déjà presque nuit, on ne voit donc pas la célèbre chaine montagneuse.

On se gare sur le parking des guardaparques à l’entrée du village, et au réveil, c’est la surprise : le massif du Cerro (mont) Fitz Roy (appelé aussi Cerro Chalten) et celui du Cerro Torre sont complètement dégagés.

2 El Chalten

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C’est tout simplement grandiose ! On se sent méga motivé pour une bonne marche dans ce décor de montagne, connu du monde entier.

La raison de cette ferveur ? aux abords du campo de hielo Patagonico (dont j’ai déjà parlé dans l’article précédent), deux aiguilles granitiques dominant l’un des plus beaux massifs de la planète : le Cerro Torre culminant à 3102m (la montagne la plus difficile à gravir au monde) et le Cerro Fitz Roy culminant à 3405m, un lieu sacré pour les indiens Tehuelches. Ce peuple a baptisé ainsi le Cerro Chalten (montagne qui crache de la fumée) en raison des nuages qui s’accrochent à la cime de façon presque permanente, ce qui leur fit croire longtemps à un volcan.

el-chalten 0094                                                              Cerro Fitz Roy ou Cerro Chalten

el-chalten 0098                                                                                  Cerro Torre

el-chalten 0110                                                                                 Les 2 massifs

Après un passage au centre d’informations des guardaparques pour connaître les différents sentiers, leur longueur et leur difficulté, nous filons à la petite superette du village pour acheter de quoi faire des sandwiches. En effet, nous partons pour la journée car le trek fait 22km AR et nécessite au moins 5h30 de marche. Nous allons au pied de la laguna Torre (au pied du cerro Torre).

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Le bourg étant établi au fond d’une vallée escarpée, les sentiers présentent des pentes assez raides au début. Mais nous sommes tout frais et continuons à travers une forêt avant d’atteindre un 1ermirador donnant sur une cascade et le rio Fitz Roy en contrebas.

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A mi-chemin, nous arrivons au mirador du Cerro Torre, légèrement embrumé. Nous faisons une pause gouté avant de reprendre à travers une plaine puis une forêt. Les couleurs d’automne rendent le paysage encore plus beau.

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Les enfants commencent à fatiguer, ils essaient de gagner un peu d’énergie que leur transmettent les arbres. Nous arrivons enfin, au bout de 2h30 de marche, à la laguna Torre. Nous sommes au pied du Cerro du même nom et découvrons avec stupeur les icebergs flottant sur la lagune.  C’est en effet le Glaciar Grande et le Glaciar Torre qui se jette dedans, détachant parfois des morceaux de glace.

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Nous profitons des lieux pendant plus d’1h, nous mangeons et les enfants partent attraper des morceaux de glace au bord de la lagune, hummm bien désaltérant ces gros glaçons !

Mais vient l’heure du retour, il ne faudrait pas rentrer après la tombée de la nuit. Nous sommes tous fatigués de la marche. Les enfants ont des ampoules et je me suis un peu bloqué le genou.

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Arrivés au camping-car, un bon gouté s’impose. On ira ensuite se garer près de la place principale pour capter une connexion, celle d’un hôtel par exemple.

Finalement, on se dit que de profiter du salon chauffé de l’hôtel en dégustant un chocolat chaud ne serait pas si mal. On passera donc la soirée à l’hôtel « La Aldea », avant d’aller bivouaquer sur le parking du départ des randos.

Le lendemain matin, nous nous baladons un peu dans le village, il y a une petite église sympa et une chapelle en l’honneur des alpinistes morts au cours de l’ascension du Fitz Roy depuis 1953.

Le petit village de El Chalten (800 habitants), capitale nationale du trekking et de l’alpinisme, est encore relativement préservé, comparé à d’autres tout aussi touristique. On trouve pas mal de maison en bois et pas vraiment d’immeubles bétonnés. C’est aussi une saison idéale car les vacances de janvier et février sont passées, le village se vide donc pas mal et nous sommes presque tranquilles sur les sentiers de randonnée avec un climat relativement beau.

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Après le repas, les enfants n’étant pas motivés, nous partons seuls, Pierre et moi, pour une rando vers le Cerro Fitz Roy. Ils sont contents de rester sans nous, ils vont pouvoir regarder un film tranquillement.

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Le ciel est encore une fois bien dégagé, nous avons de la chance, après 1h de marche et de montée, nous découvrons le mirador du Fitz Roy. C’est vraiment spectaculaire, avec la laguna Capri en contre bas. Nous rêvons d’aller plus loin, car la région possèdent plusieurs sentiers intéressants approchant ainsi les différents cerros, lagunes et glaciers, mais on ne veut pas laisser les enfants trop longtemps seuls, nous rentrons donc après 2h de marche.

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Mon genou gauche est en compote, j’ai du mal à marcher sans boiter, le plier est terriblement douloureux. Impossible donc pour moi de faire une autre marche demain. Je suis dégoutée car j’avais le projet d’une balade d’une journée vers un autre côté, découvrant une autre lagune avec des icebergs (laguna piedra blanca).  Bref, nous ne sommes pas de grands sportifs à l’origine et nous avons été peut être un peu trop fort dès le 1er jour.

En fin de journée, nous retournons à l’hôtel boire un chocolat chaud et profiter de la connexion.

Le lendemain, après une matinée d’école, nous quittons le village  et cherchons à mettre de l’essence. Le hic c’est que la seule station du village est fermée entre 12 et 15h. Il est 12h10 ! Les boules, nous retournons sur la place, mangeons et attendons l’heure d’ouverture de la pompe. Théo et Vatea jouent dehors sur l’aire de jeux avec les autres enfants du village. Ils vont au gymnase voir les activités sportives de l’école d’en face.

C’est comme ça qu’ils se font inviter par la maîtresse à venir passer la journée en classe le lendemain.

Théo est tout excité, Vatea un peu moins. On reste donc à El Chalten un peu plus longtemps.

Nous restons garé sur la place, histoire d’être juste face à l’école pour la rentrée de demain.

Réveil à 7h00 !!! Dur dur, on y est plus trop habitué, mais Théo saute du lit pour aller en classe, super motivé.

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Nous sommes tous les 4 accueillis et présentés à l’équipe pédagogique. Vatea renonce, trop timide. Je reste avec Théo durant les 2 premiers cours (2 x 40min), histoire de prendre quelques photos et de filmer ce moment unique. Lui qui a bien appris l’espagnol durant le voyage est intimidé par tous ces enfants qui l’écoutent et perd un peu ses mots.

L’ambiance de la classe est plutôt bruyante et dissipée, mais je suis étonnée par le calme et la patience des maîtresses, on est loin de la rigidité française !

Après la pause gouté, je laisse Théo terminer sa matinée d’école qui finit à midi chaque jour de la semaine. Il rentre super content, avec une grande feuille remplie des dessins et signatures des élèves de la classe. Il se plait bien ici et aimerait retourner à l’école demain.

Nous aussi avons eu un coup de cœur pour ce village et toutes les possibilités de balade qu’il offre, mais il faut avancer, encore et toujours, notre temps n’est malheureusement pas indéfini, il diminue même grandement.

Nous mangeons et reprenons la route en direction de El Calafate, 200km de route asphaltée, longeant la rive nord du lago Viedma avec une vue incroyable sur le glacier Viedma.

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Puis la rive sud du lago Argentino et ses eaux laiteuses turquoises.

Les enfants sont en pleurs dans le camping-car, mais le glacier Perito Moreno nous attend et je pense que nous ne serons pas déçus… !

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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 23:53

Du 24 février au 12 mars 2014  

Retour à Villa la Angostura où nous nous étions rapidement arrêtés il y a 1 semaine de cela.

Le passage de la frontière (paso international Cardenal Antonio Samore) a été, comme à l’aller,  simple et rapide.

Villa la Angostura est un village baigné par les eaux de l’immense lac Nahuel Huapi, ce centre touristique fait pratiquement face à Bariloche situé de l’autre côté du lac. On est ici dans l’immense Parc National Nahuel Huapi qui s’étend un peu plus au nord vers Villa Traful et bien au sud de Bariloche. Ce parc réunit une foule de milieux différents, de nombreux lacs, ainsi que des hauts sommets. Il abrite en outre une faune variée et des forêts exubérantes.

Après avoir fait le plein d’essence, les courses, ect, nous cherchons un bivouac et tombons par hasard sur un parking réservé aux camping-cars situé très proche du lac en bas du village.

Nous sommes un peu éloignés du centre pour s’y rendre à pied, mais la bonne surprise est que nous y rencontrons 2 familles parlant français et qui voyage également au long court.

Il y a Ben et Mimi avec leur fille Zoé à bord d’un superbe MAN qu’ils ont entièrement équipé par eux-mêmes.

Ensuite, une adorable famille marocaine : Kika, Anouar et leur 3 enfants (Mehdi, Meissa et Maya) en camping-car.

Ils viennent du sud et voyagent depuis 4 mois sur le continent, très souvent ensemble.

Nous discutons avec eux le soir. Ils sont ici depuis quelques jours et nous indiquent des bons plans comme le petit parc d’en face où la pizzeria « La Rustica » donne l’accès à son wifi et met ses tables extérieures à notre disposition. Il y a des jeux pour enfants et des stands d’artisanant où nous faisons rapidement connaissance avec les vendeuses de macramé.

1 Villa La Angostura

Nous profitons de tout cela durant la journée du lendemain. Dans l’après-midi, une partie de la troupe, dont Vatea, part en ville se faire couper les cheveux. Je fais des macramés que m’ont commandés les filles.

Le soir, nous allons tous manger des empanadas et des pizzas à La Rustica », c’est vraiment un délice pour un prix dérisoire.

1 Villa La Angostura1

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Le lendemain, nos amis partent pour la route des 7 lacs, ils essayent de nous convaincre de les accompagner, c’est pour nous à l’opposé, nous avons encore une longue route à faire et la fin du voyage approche, mais après hésitation, nous partons avec eux. Nous avions tellement apprécié le lac Villarino où les enfants avaient pécher 2 semaine auparavant qu’on se dit que c’est un endroit idéal pour s’y poser tous ensemble et laisser les enfants s’amuser en toute liberté.

On fait donc 60km à nouveau sur cette superbe route des 7 lacs et arrivons au lago Villarino. Tout le monde est enchanté par le lieu, génial !

2 retour Lac Villarino

Anouar installe une tente pour les enfants, Ben sort son bateau gonflable, les enfants leur cane à pêche,… bref un bivouac gratuit transformé en petit paradis, comme la première fois que nous sommes venus mais avec des amis en plus.

Nous passons les 2 premiers jours tranquillement, chacun vaquant à ses occupations (ménage, rangement, lessive à la main, école, pêche…). Mimi fait des crêpes aux enfants, Kika un gateau au chocolat. On papote entre filles autour du maté, on s’échange des films, Ben vient nous aider dans quelques réparations sur le camping-car (c’est qu’il a du matos ce Ben !). Le soir, les adultes discutent sous les étoiles en buvant quelques bières.

2 retour Lac Villarino1

Le 3ème jour, nous sommes invités par nos voisins argentins à partager le fameux cordero (c’est un agneau cuit au barbecue, une spécialité en Argentine). Nous avions en effet sympathisé avec cette famille venue avec leur camping-car passé 1 semaine au bord du lac. Leur fille Chuchi est tétraplégique et elle est très heureuse de partager un peu de moments avec les enfants ou de venir s’installer près de nous quand on discute.

2 retour Lac Villarino2

Nous préparons donc chacun différentes salades ou accompagnements et goutons à  ce délicieux moutons, Raul le père en a fait pour tout un régiment !

Après le repas, Maria, la maman, nous prépare des glaces pendant que Raul nous joue de l’accordéon. Un moment que je ne saurais décrire mais qui restera particulièrement très émouvant. Les regards échangés entre Chuchi (qui ne communique qu’avec les yeux) et son papa en sont pour quelque chose, la sérénité et le bonheur que dégage cette famille très simple aussi.

Le lendemain, on décide de rester une journée de plus (c’est pas du tout notre genre, lol). Il fait très chaud. Après une matinée d’école, on passe tous l’après-midi sous notre auvent, à l’ombre. Les enfants pêchent. !

Réveil à 8h30, on remballe tout. Les aurevoirs à nos amis sont longs et douloureux. Eux aussi feront parties des belles et fortes rencontres de ce voyage. On quitte le camp vers 11h30.

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Sur la route du retour, on croise un couple de retraités toulousains qui voyagent à vélo, quel dynamisme à leur âge ! On les envoit au lac retrouver nos amis.

Arrivés à Villa la Angostura, après quelques courses, nous retournons nous garer à notre ancien bivouac, mais seuls cette fois. On est un peu nostalgiques.

On essaye d’envoyer les évaluations en se posant devant la pizzeria « La Rustica », mais la connexion est mauvaise. Heureusement que les commerçants nous reconnaissent, ça nous fait du monde pour discuter. Théo passe beaucoup de temps avec la vendeuse de macramé. On s’échange des techniques de nœud.

3 retour Villa la Angostura1

Nous allons ensuite nous balader près du lac, sur le ponton.

3 retour Villa la Angostura

Le soir, on fera la fête tous les 4 dans le camping-car avec la musique de notre « boîte à meuh », la beat box.

La journée suivante, après nos heures d’école, nous allons marcher vers un petit mirador et rentrons pour manger des empanadas à la pizzeria, il y a du choix (viande, poulet, légumes, fromage…) et ils sont délicieux.

L’après-midi, nous partons dans le Parc National Los Arrayanes. L’entrée est au bord du lac et un sentier s’enfonce dans la péninsule de Quetrihué, reliée au rivage par un isthme extrêmement étroit. La balade mène en quelques heures tout au bout de la péninsule, vers une magnifique forêt d’Arrayanes, un arbre de la région. Il se distingue par la teinte étonnante de leurs ramures torturées, la couleur châtaigne de l’écorce devient orangée à l’âge adulte. La rando est éprouvante, le chemin est raide et accidenté, nous n’allons pas jusqu’au bout mais nous sommes contents de découvrir quelques points de vue donnant sur le lac et ses eaux turquoise en dégradé.

3 retour Villa la Angostura2

On finit cette journée en farnientant sur la plage face au lac. Il fait très chaud. Théo comme souvent se lie rapidement d’amitié avec la famille qui tient le club de plongée. Il joue avec leurs enfants et leurs chiens.

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Le lendemain, nous allons nous garer sur la place proche du centre, notre bivouac étant complètement sous les arbres, le panneau solaire ne charge pas nos batteries. Nous remplissons le cc en eau, trouvons un magasin bio où je fais le plein de fruits secs, puis allons à pied nous balader dans la rue principale. Nous craquons sur quelques achats souvenirs. Le temps est gris et pluvieux, mais le village est sympa.

3 retour Villa la Angostura4

Retour au bivouac, on fait un peu d’école. Je troque un bracelet macramé contre un pot de confiture artisanale à notre amie Roxane.

Le soir, les enfants regardent un film dans la capucine pendant que nous allons en face à « La Rustica » boire un verre.

Après cette dernière nuit à Villa la Angostura, nous quittons tôt le village et longeons le beau et grand  lac Nahuel Huapi en direction de Confluencia. Sur le passage, nous apercevons en face, de l’autre côté du lac, la ville de Bariloche que nous visiterons ensuite.

4 route vers la vallée encantada

4 route vers la vallée encantada1

Nous bifurquons donc au bout du lac sur la route 237,  appelée la « Valle Encatado » (vallée enchantée), 60km qui longent le Rio Limay et traversent des paysages de formations rocheuses d’origine volcanique incroyables.

On fait un premier arrêt à l’anfiteatro, l’endroit offre une vue magnifique sur les eaux turquoises du rio. On s’avance jusqu’à un promontoire rocheux qui s’élève au-dessus du rio.

4 route vers la vallée encantada2

On continue jusqu’à Confluencia, admirant la forme des pics montagneux aux noms évocateurs (doigt de Dieu, sentinelle…). Nous mangeons au bord du rio, puis rebroussons chemin pour aller à Bariloche.

4 route vers la vallée encantada3

4 route vers la vallée encantada4

Nous passons d’abord le petit pueblo de Dina Huapi, tout au bout du lac Nahuel Huapi et arrivons rapidement à San Carlos de Bariloche.

Impératrice incontestée de la Patagonie des lacs, San Carlos de Bariloche est une étape obligée pour les amoureux de grands espaces. Si son urbanisme a quelque chose de franchement déraisonnable, la beauté étourdissante des paysages environnants vaut vraiment le coup.

Nous passons d’abord au garage pour changer nos 2 pneus avant. Nous les avions changés au Mexique la dernière fois, ça fait un bail et ils sont morts, le droit a en plus une crevaison lente depuis quelques jours et Pierre le regonflait chaque matin ! Nous libérons ainsi de la place dans la soute avec nos 3 pneus de secours et sommes de ce fait prêt pour attaquer d’ici peu la longue piste (ripio) de la carretera australe au Chili.

On paie 34€ et traversons ensuite la ville en longeant le lac, c’est très beau. Cette ville n’est pas dangereuse du tout, mais elle est réputée pour les vols sur les camping-cars. Comme beaucoup de voyageurs, nous allons donc nous poser au camping Petunia, qui offre tous les services.

5 San Carlos de Bariloche

Après de bons croques-monsieurs préparés par Vatea et une bonne nuit de sommeil, nous profitons comme à chaque fois d’être posé dans un camping pour faire du ménage et des lessives. Nous changeons donc les draps, puis faisons un peu d’école.

J’envois les évaluations au CNED et publie un article sur le blog. Bref, une journée sans grandes folies…

Le lendemain, nous prenons le bus pour aller visiter le centre ville. La place donnant sur le lac est très belle avec ses bâtiments de pierre et de bois, ça fait penser à la Suisse, d’autant plus que des Saint-Bernard attendent les touristes pour la photo souvenir. On peut voir aussi la belle tour de l’horloge qui exibe tous les midis, 12 statues représentant des personnages historiques.

5 San Carlos de Bariloche1

Nous marchons dans la rue principale, l’Avenida Mitre, pour flâner le long des boutiques de souvenirs. Bariloche étant réputée pour son chocolat, nous nous offrons quelques douceurs dans une boutique spécialisée.

5 San Carlos de Bariloche2

De retour au camping, on skype la famille pour donner des nouvelles.

Le matin, nous faisons encore un peu d’internet avant de quitter le camping. Nous montons voir la station de ski la plus célèbre et huppée du pays, Cerro Catedral, située sur les hauteurs de Bariloche.

5 San Carlos de Bariloche3

On mange là-haut, puis redescendons pour faire le Circuito Chico, un itinéraire routier de 65km formant une boucle à l’ouest de Bariloche.

On passe devant la capilla San Eduardo, élégante chapelle, traversons des bois avec de temps en temps de jolies points de vues sur des lacs.

circuito chico

Sur notre itinéraire, on rencontre une famille française en sac à dos, ils ont 3 enfants et parcours comme nous l’Amérique du sud. Il y a aussi avec eux un couple de jeune qui démarre juste leur trip.

circuito chico1

circuito chico2

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On termine en faisant un petit aller-retour faire la Colonia Suiza, un village bâtit par des colons suisses en 1895.

Vers 18h, nous quittons Bariloche et roulons sur la ruta 40 en direction de El Bolson, ville de hippies, un peu isolée et dans un cadre naturel sympa (montagnes, forêts, rivières). El Bolson est aussi réputée pour ses fruits rouges et ses bières artisanales.

6 El Bolson

On se trouve péniblement un bivouac sympa, près d’un petit parc, dans le centre ville.

On y rencontre les Passifou, une famille française en camping-car avec 3 enfants, Nico, Céline, Mia, Eliott et Léna, ils ont exactement le même parcours que nous mais sur 3 ans !

Le lendemain, c’est dimanche, il y a donc un marché d’artisanat juste à côté dans le parc. Après l’école, nous allons y faire un tour. Beaucoup de vendeurs baba cool, c’est fun. J’achète de délicieuses framboises et des fraises. Je tombe ensuite sur un vendeur de pierres très sympathique, il a beaucoup d’expérience et ne cherche pas à t’arnaquer. Je lui prends pas mal de petites pierres pour mes bracelets, il fait des petits cadeaux aux enfants. Vatea lui offre des coquillages et une dent de lama.

6-El-Bolson3.jpg

Le soir, nous restons là et discutons avec les Passifou.

Avant de quitter El Bolson, nous allons dans la matinée mettre du gaz dans nos bouteilles et faire quelques courses. Les Passifou décident de changer leurs plans et de nous suivrent sur la carretera australe.

On part donc ensemble vers Esquel, un village sans grand intérêt mais situé sur notre route et proche du Parc National Los Alerces. Nous avons entendu dire qu’il y avait certaines restrictions concernant ce parc cette année à cause des rats et nous voulons en savoir plus. Nous passons à l’office du tourisme qui nous confirme que le parc est ouverts et accessible mais qu’il est interdit d’y passer la nuit. En effet, il y a cette année une floraison exceptionnelle constituant une abondante nourriture pour les rongeurs. Du coup, leur prolifération est excessive et ils peuvent être porteurs de virus dangereux pour l’homme.

En fin de journée, nous prenons la route du parc et allons nous garer quelques kilomètres avant l’entrée, sur le parking d’un mirador.

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Nous entrons dans le parc le matin vers 10h, l’entrée est gratuite pour les enfants et de 65 pesos par adulte. La route qui traverse le parc est une longue piste bien entretenue, elle longe différents lacs cristallins et nous donne une vue sur le glacier suspendu Torrecillas. L’attrait essentiel du parc est sa forêt d’Alerces, arbres magnifiques de plus de 3000 ans d’âge et 50m de haut.

Nous nous arrêtons à la laguna verde pour y passer la journée avec les Passifou. Il y a un parking près d’une passerelle. C’est là que nous fêtons les 3 ans de Lena. Les enfants lui offre un bracelet et une tresse en macramé, un cd d’histoire et un dessin. Les enfants finiront le goûter d’anniversaire par la traditionnelle Pinata, mais faite maison ;-)

7 Esquel, PN Los Alerces1

A 18h, nous sommes contraint de quitter le parc, on refait la longue piste en sens inverse et retournons bivouaquer au mirador.

7 Esquel, PN Los Alerces2

Le lendemain, nous allons mettre de l’essence à Trevelin et roulons ensuite vers la frontière chilienne. C’est déjà de la piste, le début d’un long parcours sur le mythique ripio de la carretera australe.

 Bien que nous soyons en Patagonie depuis San Martin de los Andes, ça n'est vraiment que depuis Esquel que les paysages deviennent plus arides et déserts, nous entrons maintenant en Patagonie Australe (la suite bientôt)...

 

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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 00:38

   Du 8 au 18 février 2014

Nous venons de passer la frontière (paso Mamuil Malal).

1 frontière + PN Lanin, lago tromen

L’entrée en Argentine nous donne accès directement au Parc National Lanin. Ce côté du parc est gratuit et l’endroit est idéal pour un bivouac, nous sommes au pied du volcan Lanin (3776m) dans un terrain herbeux avec une vue imprenable sur le cône enneigé. Les enfants s’amusent avec une veille luge et les lapins qui courent par dizaine sur le terrain.

neuquen parque nacional lanin lagos quillen tromen huechula

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Le matin, nous partons faire une marche vers le lago Tromen, le sentier de 8km forme une boucle de 3h. Il passe d’abord par un bosque d’araucarias, puis de Nire. Théo et Vatea courent dans les hautes herbes et jouent à cache cache.

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Sur les arbres, on peut voir de la « barbe de vieillard », c’est une sorte de lichen qui pousse lorsque l’air est très pur. On s’amuse à en faire des moustaches.

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Nous arrivons ensuite au lago Tromen. Nous sommes seuls sur la plage. On se pose pour le gouter du matin avant de faire quelques ricochets dans l’eau.

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Nous longeons le lac pour reprendre le chemin de l’autre côté. Des cheveux viennent à notre rencontrent, ils sont curieux et affectueux.

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A l’autre bout du lac, il y a plus de monde venu pour pique-niquer. On fait connaissance avec un pêcheur du coin, Théo est déçu de ne pas avoir pris sa canne, le lac abonde en truites, du coup il offre une mouche pour la pêche aux enfants. Le chemin du retour est moins agréable car c’est la piste qui permet aux voitures de rejoindre le lac.

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Nous rentrons au cc pour manger et Pierre repart avec Théo pour une autre marche de 2h vers le la face nord du volcan. Je reste avec Vatea.

   

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Le lendemain matin, nous partons vers Junin de los Andes, un village où nous pouvons mettre du gazoil et faire les courses avant de bifurquer vers une autre entrée du PN Lanin qui mène au lago Huechulafquen. C’est une escapade qui nous oblige à parcourir 50km de piste (en bonne état).

neuquen parque nacional lanin lagos huechulafquen lolog lac

Cette route épouse d’abord les méandres du Rio Chimehuin, paradis des pêcheurs de truites, puis longe la rive droite du lac Huechulafquen. Les paysages sont grandioses, le bleu du lac sans cesse changeant, des forêts, des rivières et le volcan Lanin en toile de fond que nous admirons maintenant depuis sa face sud.  La piste traverse les terres de la communauté mapuche (peuple indigène), ce sont eux qui gèrent la plupart des campings (ici pas le choix, les bivouacs sauvages sont interdits).

2 PN Lanin, lago Paimum et Junin de Los Andes

Nous faisons une petite halte près d’une chapelle très mignonne puis continuons les derniers kilomètres, plus pénibles car la piste est défoncée mais ça vaut vraiment le coup car nous longeons maintenant le lac Paimun.

Nous nous posons dans un petit camping dans le secteur Piedra Mala. Nous sommes en pleine nature, au bord du lago Paimun fait de plage de sable noir volcanique : un paradis !

2 PN Lanin, lago Paimum et Junin de Los Andes1

Le lendemain, nous partons marcher vers la cascade El Saltillo. 2h30 de balade dans la forêt, avec des points de vue différents sur le lac. Théo préfère rester au camping. Nous avons sympathisé avec deux familles de camping-caristes chiliens habitant Santiago, ils laissent à notre disposition leur kayac, Théo se régale donc d’aller au milieu du lac pour pêcher.

2 PN Lanin, lago Paimum et Junin de Los Andes2

2 PN Lanin, lago Paimum et Junin de Los Andes3

Nous rentrons pour le repas, Pierre nous fait un barbecue. Nous passons ensuite la fin de journée avec les amis chiliens. En plus de nous prêter le kayac, il nous file aussi leur zodiac, planche à voile et quad ! Oui ils sont bien équipés et Théo s’éclate comme un fou ! Impossible donc de ne pas rester 1 jour de plus, les enfants ne nous le pardonneraient pas !

2 PN Lanin, lago Paimum et Junin de Los Andes4

2 PN Lanin, lago Paimum et Junin de Los Andes5

On fait donc la lessive à la main (ouille l’eau est très froide pour les petites mains de Pedro), on se balade en kayac ou avec le zodiac, les enfants jouent, pêchent, Pierre bidouille sur le camping-car, je m’occupe du blog,…

2 PN Lanin, lago Paimum et Junin de Los Andes6

Le soir : barbecue, musique et danse pour tout les 4 devant le camping-car. L’ambiance est très joyeuse.

Le lendemain, le vent se lève, le sable s’envole, il est difficile de rester dehors. Cela décide tout le monde à partir.

2 PN Lanin, lago Paimum et Junin de Los Andes7

Nous faisons la piste du retour en 2h vers Junin de los Andes, puis retrouvons l’asphalte pour nous rendre vers San Martin de Los Andes. On s’arrête juste avant, en empruntant une piste de 15km menant au lago Lolog. Rien de spectaculaire à ce lac mais nous y sommes seuls et tranquilles, garé juste sur la plage. On fait de l’école l’après-midi, passons la nuit là avec un bruit de vague et un peu de vent tout de même.

3 San Martin de Los Andes et lago Lolog

Au réveil, nous partons à San Martin, petite ville semblable à Bariloche mais en plus reposante, nous remplissons nos bouteilles de gaz et allons ensuite nous poser au parking de la plage du lago Lacar situé à la lisière ouest de la ville, c’est là que bivouaquent en général les voyageurs, nous ne sommes en effet pas les seuls. Nous y retrouvons nos amis chiliens et faisons connaissance avec d’autres.

3 San Martin de Los Andes et lago Lolog1

On va se promener en ville. On s’offre quelques livres sur les animaux et sur la Patagonie (Patalibro). Vatea achète une canne à pêche pour pouvoir pêcher avec son frère. Le permis est obligatoire mais gratuit pour les enfants, on va donc leur en faire faire un.

Aujourd’hui, étant le jour des amoureux (Saint-Valentin), les enfants insistent pour que nous leur mettions un film et que nous sortions le soir Pierre et moi boire un pot en ville. Nous sommes à 5 min à pied du centre et nos amis chiliens garés à côté sont là en cas de besoin. Nous partons donc tous les 2 pendant 1h30 dans un pub anglais.

3 San Martin de Los Andes et lago Lolog2

Le lendemain, il fait gris. On décide donc de ne pas bouger car il serait dommage de parcourir la magnifique route des 7 lacs sous la grisaille.

On en profite donc pour faire une longue matinée d’école. Théo, aujourd’hui, n’est pas très motivé et la leçon sur les déterminants du nom est très pénible.

L’après-midi, nous sortons aérer les esprits, courses, petit tour en ville et dégustation de glace artisanale, les meilleures de tout le voyage !

La nuit est un peu moins bonne car on est samedi et il y a des jeunes venus en voitures squatter le parking avec leur grosse musique.

Fatigués mais motivés, nous entamons la route des 7 lacs ! Célèbre dans toute l’Argentine pour la magnificence de ses paysages, la ruta de los siete lagos parcourt les 100km de la ruta 234 séparant San Martin de los Andes au nord, de Villa la Angostura au sud. Comme son nom l’indique, elle serpente de lac en lac, dans le cadre imposant de monts escarpés couverts de forêts.

neuquen parque nacional lanin lagos lacar siete lagos mapa0

On longe d’abord par le sud le lago Lacar (qui ne fait pas partie des 7 lacs) où nous faisons une halte photo car de là nous avons une belle vue, notamment sur la plage de San Martin de los Andes où nous avons bivouaqué.

3 San Martin de Los Andes et lago Lolog3

Dans l’ordre, nous commençons par le lago Machonico (à droite), véritable miroir où les montagnes se reflètent.

4 Route des 7 lacs

Le lago Hermoso, accessible par une piste de 3 km sur la droite. Belle étendue d’eau avec un pontaux qui s’avance sur le lac.

4 Route des 7 lacs1

Le lago Falkner (à gauche), encadré par 2 sierras majestueuses aux crêtes déchiquetées que domine le Cerro El Buque.

Juste après sur la droite, le lago Villarino, relié au précédent par une minuscule rivière. C’est ici que nous nous posons. Le bivouac est une aire de camping gratuite. Le cadre est fabuleux et il fait très beau. Nous déplions le store et les enfants en profitent pour pêcher. Je fais un grand ménage vu que j’ai l’eau du lac à disposition. Le soir, on fait connaissance avec des argentins en camping-car, puis on se lave dans le lac, on est heureux de retrouver ce mode de vie en communion avec la nature.

4 Route des 7 lacs2

4 Route des 7 lacs3

Le lendemain, nous quittons le camp en milieu d’après-midi, un peu à contre cœur car le site est vraiment agréable mais il faut bien avancer maintenant, il nous reste encore un long parcours et la fin du voyage approche, 4 mois ça passe vite…

La route des 7 lacs devient une piste en bonne état, des travaux sont en cours pour qu’elle soit asphaltée jusqu’au bout.

La piste se poursuit donc le long d’un rio d’une couleur turquoise avec de gros rochers au milieu et des minis cascades, puis on roule au cœur d’une forêt dense, en surplomb du lago Escondido (le « lac caché ») et de ses eaux émeraude.

4 Route des 7 lacs4

Nous décidons de bifurquer sur la gauche en direction de Villa Traful et du lago Traful, ne faisant pas partie de la route mythique. Mais la piste est en moins bonne état et lorsque nous arrivons au pied du lac, nous décidons de faire demi-tour. Un bivouac ici aurait été une halte sympa mais le seul camping sur place est cher (pas de bivouac sauvage possible).

4 Route des 7 lacs5

Nous arrivons donc au lago Correntoso (à gauche) et au lago Espejo (à droite). Ce dernier possède une plage sympa avec une aire de camping gratuite aussi. Il y a un peu de monde mais on s’en contente très bien.

4 Route des 7 lacs6

Après une bonne nuit calme, nous filons à quelques kilomètres de là, terminus de la route des 7 lacs : Villa la Angostura. Cette ville est l’entrée du grand Parc National Nahuel Huapi avec son lac du même nom.

4 Route des 7 lacs7

Nous prenons quelques photos depuis le mirador à l’entrée de la ville puis, nous y faisons un arrêt rapide, histoire d’y faire quelques courses, mettre de l’essence avant de passer la frontière du Chili. Nous reviendrons ici dans quelques jours après la boucle chilienne dans la région de Puerto Montt, autour du lac Llanquihue.

neuquen parque nacional lanin mapa

 

 

 

 

 

 

 

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24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 21:10

        Du 21 au 28 janvier 2014  

 

La route depuis Cafayate est longue et sans véritable intérêt, nous sommes sur la mythique Ruta 40 et traversons des petits villages comme Belen, Londres et Chilecito…

6 ruta de Cafayate à Chilecito, Cuesta Miranda4

Nous entamons ensuite la cuesta de Miranda, une route panoramique en lacet qui offre un décor sublime et sans cesse changeant : parois déchiquetées et multicolores de la quebrada du Rio Miranda, roches bigarrées de Los Colorados, crêtes enneigées du Famatina.

Mais quelle mauvaise surprise quand à mi-chemin de cette belle route, des travaux nous empêchent de poursuivre. Je suis en colère et demande à l’ouvrier pourquoi aucun panneau n’annonçait ce fait avant ? Bref, nous faisons demi-tour, toujours sous la chaleur et décidons de nous poser au bord du rio Miranda pour s’octroyer une pause fraicheur dans la rivière, au milieu d’un super décor.

6 ruta de Cafayate à Chilecito, Cuesta Miranda5

On repart ensuite vers Chilecito et prenons, par la route 74, la direction de Patquia, ou nous nous arrêtons pour y faire 2-3 courses. Avec cette chaleur, on achète au fur et à mesure nos fruits et nos boissons. La vendeuse nous apprend que c’est dans le coin qu’est mort de chaleur un participant du Dakar. Il fait trop chaud pour cuisiner, nous commandons une pizza et reprenons la route vers 19h30. Il est plus agréable de rouler après le coucher du soleil. Nous arrivons au parc national de Talampaya vers 21h30, on se gare au parking pour le bivouac et admirons le lever de lune avant de se coucher toutes vitres ouvertes !

7 PN Talampaya

Le parc Talampaya, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco fait partie du même bassin que le parc Ischigualasto, situé un peu plus au sud.

Les dépôts sédimentaires qui les composent datent de l’ère triasique. Nées de l’accumulation de débris animaux et végétaux, à une époque où les dinosaures abondaient, ces strates sédimentaires furent brusquement ramenées à la surface au moment du surgissement de la cordillère des Andes. D’où l’aspect chaotique et le gigantisme des formations géologiques. Du parc, déchiquetées par le vent et un climat extrême : suivant les saisons, la température peut attendre 60° et chuter sous 0° la nuit. D’où l’intérêt des paléontologues pour cette contrée où il suffit de se baisser pour découvrir des fossiles de dinosaures ! Car à la différence des autres régions du monde, où les strates triasiques sont enfouies à près de 1km sous terre, l’ère triasique se lit ici comme un livre ouvert.

Talamapaya est en fait une sorte de canyon, une faille de 4km de longueur sur 140m de hauteur. Ses parois rouge vif (oxyde de fer) sont splendides dans la lumière du matin. On peut alors observer des étonnantes formations aux noms évocateurs : la cathédrale, le totem, le moine, le tunnel acoustique…

A l’entrée, des centaines de pétroglyphes témoignent du caractère sacré des lieux.

7 PN Talampaya1

On se lève tôt pour visiter le parc, qui n’est qu’accessible qu’en excursion organisée à bord d’un petit bus. On part donc pour une balade de 3 heures.

7 PN Talampaya2

Sur la route, nous apercevons des lièvres de Patagonie, des condors et des nandous. Le canyon est superbe, mais on est assez déçu par le prix et surtout le manque de liberté quand on passe par un tour. Pas le temps de faire toutes les photos que l’on voudrait. Les paysages sont de plus assez ressemblants à ceux des quebradas autour de Cafayate ou même ceux des Etats-unis.

7 PN Talampaya3

7 PN Talampaya4

A la fin de cette visite, on mange des délicieuses pâtes au camarones et décidons donc de zapper la vallée de la lune (PN Ischigualasto), située un peu plus bas.

7 PN Talampaya5-001

On file donc vers San Augustin del  Valle Fertil. Il fait très chaud, on rêve de se baigner, mais on ne trouve aucun camping avec piscine à un prix abordable et continuons donc notre route vers San juan.

Sur le trajet, se trouve un sanctuaire consacré à  « la Difunta Correa ».  Ce sanctuaire, à l’image de ceux que l’on trouve sur toutes les routes argentines du « Gaucho Gil », la difunta correa est un personnage incontournable de la tradition du pays. Elle est l’objet d’une immense vénération, comme en témoignent les innombralables oratoires érigés sur toutes les routes et pistes argentines, reconnaissables à leur couleur bleues et aux bouteilles déposées au pied des autels (ceux du Gaucho Gil sont rouges).  

L’histoire raconte que cette femme était partie de chez elle avec son bébé pour rejoindre son mari, prisonnier de guerre. Elle traversa les montagnes désertiques de San Juan et mouru d’épuisement et de soif (d’où les bouteilles), mais le nourrisson avait miraculeusement survécu en tétant le sein de sa mère.

8 Difunta correa-001

Aujourd’hui, elle est enterrée dans le hameau de Vallecito. Sur une bute où a été construite une petite église, les gens viennent par milliers déposer des ex-voto. Le lieu est hallucinant, il y a des bouteilles en plastiques par centaine, toutes sortes de choses incroyables que les gens déposent pour attirer la chance (maquettes de maisons, plâtres, plaques de voitures, vêtements de bébé,…)

Après cet arrêt bucolique, on arrive à San juan, nous tombons sur un Walmart, c’est toujours une drôle d’émotions de retrouver ces supermarchés. Après 1h30 de courses, nous reprenons la route la nuit tombée. On s’arrête pour le bivouac sur une petite aire en pleine quebrada.

9 San Juan, vers Calingasta

Au reveil la journée s’annonce encore très chaude. On roule dans la vallée de Calingasta, longue vallée fertile irriguée par les eaux du Rio Los Patos et du Rio Blanco. Ici ça respire la mort au vu des nombreux animaux étalés au bord de la route. La chaleur y est intenable, avec son vent brulant ( Zonda, le vent des fous), impossible d’ouvrir les fenêtres en roulant. Nous faisons un petit arrêt photos au Cerro El Alcazar, splendide ! Son nom vient des formes étranges rappelant celle de l’Alcazar de Séville.

10 cerro el alakazar dans la valle de calingasta

talampaya 5078

Puis nous continuons vers Barreal. Le village est charmant et tranquille, une halte bienvenue après ces journées de routes sous la chaleur. Son cadre est grandiose, à 2000m d’altitude, au pied de la section la plus élevée de la cordillère des Andes. Le Cordon de Ramada et le Cordon de la Ancilta regroupant à eux seuls 6 pics dépassant les 6000m.

On se pose au camping municipal, qui pour une fois n’est pas bondé de monde. Il y a une piscine, des douches chaudes, des lavabos ou je fais la lessive à la main et des stationnements munis d’électricité, tables et parias. Les enfants s’amusent et se font des nouveaux amis. Pour nous, comme d’hab, c’est rangement, ménage et lessive. Le soir Pierre nous fait un assado. On fait ensuite connaissance avec un jeune couple de français vivant à Bruxelles : Pierre et Elodie, venus passer un mois et demi en Argentine. Nous discutons et buvons ensemble toute la soirée.

11 Barreal + PN Leoncito

Le lendemain, on quitte le camping vers 10h et embarquons avec nous le jeune couple, pour le PN de Leoncito connu pour ses arbres et son observatoire astrologique. Il y a 30km à faire, dont 8 de piste. On se pose au camping du parc qui est gratuit, mangeons, et partons ensuite à pieds vers la cascade (5km A/R). L’endroit est tranquille, nous y passons un bon moment, et prenons tous une petite douche, puissante et froide.

11 Barreal + PN Leoncito1

11 Barreal + PN Leoncito2

De retour au camping, on fait un peu d’école. Le soir, il fait froid et le ciel assez couvert, impossible donc de profiter d’une visite nocturne à l’observatoire du parc. On partage tous ensemble des pizzas cuites au barbecue, dont une finira par terre (merci Pierre), et une salade de fruit. La nuit sera très fraiche.

On part vers 10h, toujours en compagnie de nos amis. Débute une piste de 40km vers Uspallata. On aperçoit au loin Barreal Blanco, une immense dépression qui est en fait un lac asséché dont le lit très étendu (14km x 2km !) parfaitement plat et lisse, est balayé par des vents thermiques quotidiens. C’est donc un cadre idéal et mondialement connu pour pratiquer le char à voile (carrovelismo).

12 Uspallata + ruta 52 (7ans au Tibet)

On s’arrête ensuite en bord de route pour manger, avec une très belle vue sur les montagnes de la cordillère. Il y a des cheveux sauvages et beaucoup de nandous (sorte de petite autruche).

A Uspallata, jolie oasis de peupliers dans une vallée désertique, on dépose Pierre et Elodie, qui prennent le bus pour Mendoza, leur voyage touche à sa fin.

Nous prenons de notre coté la route 52, qui a servi de décor pour le film «  7ans au Tibet » : magnifique paysage de montagnes et piste vertigineuse en lacet, avec un col à 2800 mètres. Les sommets polychromes rappellent ceux des montagnes d’Asie. Sur le trajet, nous croisons un joli renard des Andes peu farouche. et nous coinçons une pierre entre les roues jumelées que Pierre parviendra assez facilement à enlever avec la barre à mine.

12 Uspallata + ruta 52 (7ans au Tibet)1

12 Uspallata + ruta 52 (7ans au Tibet)2

Nous arrivons vers Mendoza après plusieurs heures de piste, la route deviens enfin goudronnée, il est 19h, on est fatigué. On va dans le quartier d’El Challao, en périphérie de la ville, pour un peu plus de tranquillité. On dégote un camping sympa, pas cher, avec tous les services.

13 Mendoza

Le lendemain, nous skypons un peu la famille et Pierre s’organise pour retrouver Paulo un pot du skatepark de Millau venu passer du temps en Amérique du sud, il est à Mendoza en ce moment. Après le repas, nous partons donc dans le centre ville retrouver l’ami Paulo. On passe l’aprèm avec lui. Nous retournons au camping dans la soirée.

13 Mendoza1

Le lendemain, nous prenons la direction de la RN 7 et traversons au passage les vignobles de Mendoza. On s’arrête au lac artificiel de Potrerillos pour manger. On continu notre route dans des paysages de montagnes, passant la station de ski de Los Penitentes.

        14 Ruta 7 + Aconcagua

Plus loin, on fait un arrêt photos au Puente del Inca, une formation géologique de 47m de long sur 20m de large et 6 m d’épaisseur, construite au fil des millénaires par les dépôts de fer et de souffre contenus dans l’eau de la rivière et reconnaissable à leur couleur jaune-orangé. Cela forme donc un pont naturel au dessus du Rio Las Cuevas. Dommage que le décor soit gâché par les ruines d’un ancien hôtel thermal de luxe.

14 Ruta 7 + Aconcagua1

A quelques kilomètres de là, nous distinguons le toit des Amériques : le mont Aconcagua ! C’est le plus haut sommet de l’hémisphère sud 6960m ! Nous nous garons sur le parking à l’entrée du parc national de l’Aconcagua. Nous y faisons un peu d’école avant de nous coucher.

14 Ruta 7 + Aconcagua2

Réveil à 8h, le temps est clair et ensoleillé. Nous partons sur le sentier faire la petite balade de 2 km au pied du géant. Les trekkings de plusieurs jours pour escalader le mont, les enfants en rêvent mais je pense que c’est viser trop haut pour nous. Nous aurons la chance de voir l'hélico venu réapprovisionner les refuges, Théo en profite pour aller voir l'intérieur.

14 Ruta 7 + Aconcagua5

14 Ruta 7 + Aconcagua4

talampaya 5386

Après notre petite rando, nous prenons ensuite la route pour notre second passage au Chili…

14 Ruta 7 + Aconcagua6

 

mendoza

   

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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 22:22

    Du 15 au 20 janvier 2014

 

cafayate

Nous avons laissé derrière nous Salta et son camping et nous dirigeons maintenant vers Cafayate. Nous allons effectuer presque une boucle dans des paysages incroyables.

2 de Salta à Cachi

Nous commençons par la route menant à Cachi et les vallées de Calchaquies. Après la ruta 68, nous entamons la ruta 33 qui remonte une vallée, la quebrada de Escoipe, et passe par un col spectaculaire, la Cuesta del Obispo, une succession de lacets étroits qui semblent interminables et nous conduisent à la Piedra del Molino, point culminant de la route (3348m) d’où le regard embrasse toute la quebrada  et les lacets enchevêtrés de la Cuesta del Obispo.

2 de Salta à Cachi1

La route redescend ensuite vers la Recta Tin-Tin, portion de 18km en ligne droite parfaite traversant un haut plateau aride à 3000m d’altitude, en plein Parque Nacional de los Cardones (cactus candélabres). C’est là que nous nous posons pour la nuit, au milieu des milliers de cactus géants ! Nous y faisons une petite balade à la recherche d’un bois de cactus sécher en souvenir avant d’aller nous coucher.

2 de Salta à Cachi2

Le lendemain matin, nous nous déplaçons un peu dans le parc et repartons faire une belle balade d’1h30 au milieu des cardones.

2 de Salta à Cachi3

2 de Salta à Cachi4

Nous reprenons la route et arrivons à Cachi dans l’après-midi. C’est un charmant village de montagne. Nous y faisons une halte pour manger une délicieuse glace artisanale et visiter son église, iglesia de San José, dont la charpente et le confessionnal ont été fabriqué en bois de cactus. Nous avons aussi la chance d’admirer les danseurs traditionnels sur la plaza.

3 Valle Calchaquies

Après cette pause bien agréable, nous continuons notre chemin. Commence maintenant une piste de 165km  vers Cafayate, à travers des paysages remarquables et jalonnés d’antiques villages de pisé et d’églises coloniales, le long du Rio Calchaquie. Dans ces vallées, les indiens diaguita ont opposé une résistance des plus farouches à la domination espagnole. Nous sommes en fait sur la ruta 40, empruntée il y a quelques jours par le Dakar.

3 Valle Calchaquies1

Nous traversons Seclantas (spécialité : le poncho, nombreux ateliers e tisserands), la route des artisans, puis Molinos et sa jolie petite église. En chemin, des perroquets verts par dizaine volent juste au-dessus de nous.

3 Valle Calchaquies2

Nous arrivons à Angastaco, nous entrons dans le hameau par une piste secondaire de quelques km. Il est temps de se poser pour le bivouac. La place est agréable, près de la Iglesia del Carmen et d’une aire de jeux pour les enfants. La nuit est calme et reposante.

Durant la matinée, nous traversons la plus belle des quebradas de la région : Quebrada de las flechas, qui lance vers le ciel ses aiguilles de roche acérées.

3 Valle Calchaquies3

3 Valle Calchaquies4

3 Valle Calchaquies5

3 Valle Calchaquies6

Enfin, nous retrouvons l’asphalte au village de San Carlos où nous nous arrêtons pour manger et flâner autour de sa plaza. Nous tombons aussi par hasard sur la famille belge en Landrover rencontrée à Salta, Johan, Lieve et leur 3 fils.

3 Valle Calchaquies7

On parcourt les 20 derniers km, les cultures de vignes se font plus nombreuses au fur et à mesure que l’on se rapproche de l’oasis de Cafayate.

C’est le village le plus touristique mais aussi le plus important des Valles Calchaquies. Base inconditionnelle pour de multiples excursions aux alentours, c’est aussi et surtout une terre de vignobles. La région est réputée pour la qualité de ses vins, issus de raisins récoltés entre 1600m et 2600m d’altitude. Outre les cépages classiques que sont les cabernet sauvignon, le merlot, le chardonnay ou le malbec, les vignerons de Cafayate sont passés maîtres dans la culture du tannat (cépage proche du malbec, qui produit des vins rouges corsés) et surtout du torrontès, cépage blanc importé d’Espagne il y a 4 ou 5 siècles, et qui a trouvé ici son terrain de prédilection.

Nous apprécions le vin mais très modérément, nous ne ferons donc pas la visite d’une des nombreuses caves, appelées ici Bodega.

Il fait très très chaud, on arrive à Cafayate, on se pose au camping Luz y Fuerza avec les belges, il y a une piscine où les enfants pourront se rafraichir. Comme d’hab, les pistes étant fatales pour la propreté du camping-car, je fais un brin de ménage et la lessive à la main dans les lavabos prévus pour ça !

Le soir, malgré la pluie, on partage soupe et pizzas dehors sous l’abri avec les belges.

4 Cafayate et quebrada de las conchas

Le lendemain, après une bonne douche longue et chaude au camping, on part en ville avec nos amis faire quelques courses et mettre du gazoil. Nous allons à la découverte de la Quebrada de Las Conchas (ou Quebrada de Cafayate). C’est un aller-retour cette fois (60km x 2), car la route asphaltée mène à Salta. Nous visiterons Cafayate au retour donc.

La Quebrada de las Conchas forme un paysage spectaculaire rappelant celui de l’ouest américain.

C’est une zone sauvage et aride composée de grès aux couleurs chaudes et de formations rocheuses surréalistes. Sculptées par le Rio de las Conchas, les strates sédimentaires tortueuses du canyon dévoilent une fascinante polychromie, allant du riche ocre rouge au vert vaporeux. La vue depuis la route est un régal pour les yeux.

La quebrada débute 10km au nord de Cafayate, à peine franchi le premier virage il se dévoile un univers stupéfiant. Au loin, se dressent les sommets embrumés de la précordillère et de part et d’autre de la route, le contraste des couleurs.

On commence par une promenade dans une gorge asséchée, les formations rocheuses d’un ton rouge vif sont impressionnantes. On peut admirer leur forme et laisser libre cour à son imagination (des fesses géantes, un champignon… à vous de deviner !).

début quebrada

début quebrada1

début quebrada2

début quebrada3

début quebrada4

On reprend la route, les formations rocheuses se succèdent, les plus marquantes affublées d’un surnom : las ventanas (les fenêtres), los castillos (les forteresses), el obelisco, el sapo (le crapaud), ect…

quebrada suite 1

quebrada suite 11

On fait une pause gouter au mirador des « Tres Cruces », une grande dune d’où l’on jouit d’une vue d’ensemble sur le Rio de las Conchas et toute la vallée. Les 5 enfants s’amusent à dévaler la pente dans la terre rouge et reviennent complètement en sueur et maquillé comme des massaïs !

quebrada suite 2

Nous nous arrêtons pour le bivouac dans l’endroit le plus magique du canyon : l’anfiteatro.  C’est une sorte de grotte à l’acoustique exceptionnelle, dont profitent quelques musiciens amateurs ou professionnels. L’endroit est très touristique, il y a d’ailleurs pas mal de vendeurs ambulants venu ici vendre leur artisanat. Mais après 19h, nous sommes seuls et profitons du lieu en toute quiétude. Nous passons la soirée dehors avec les belges.

quebrada suite 3

Après une bonne nuit de sommeil, nous allons 300m plus loin à la garganta del diablo (gorge du diable), une grotte en forme de couloir creusé dans la roche déformée par les mouvements tectoniques.

quebrada suite 31

Passé ce site, la quebrada devient moins spectaculaire, elle s’achève au lieu-dit Alemania, nous traversons le vieux pont métallique pour y faire une halte et manger avant de reprendre la route en sens inverse. Les belges quant à eux, continuent vers Salta.

quebrada suite 4

 

De retour sur Cafayate, nous allons goûter aux glaces au vin chez Miranda, issus de cépages tels que le cabernet ou le torrontès. L’expérience gustative est assez originale !

Nous marchons ensuite autour de la place, allons visiter la Catedral Nuestra Senora del Rosario, puis le Mercado Artesanal. Nous croisons des amis brésiliens que nous avons connus à Salta (ah Salta, on en a vu du monde !!!). On leur donne rendez-vous au camping Luz y Fuerza.

Nous faisons un petit détour hors de la ville vers le Cerro San Isidro, le Rio Colorado, et le site d’El Divisadero. C’est une piste d’une dizaine de km. Le secteur vaut la peine d’être exploré car il y a des peintures rupestres dans la montagne, des cascades le long du rio, ect…Le cerro qui domine la vallée nécessite une longue marche, le sentier pour voir les cascades grimpe sur 6km, bref, il fait très chaud et on est pas motivé pour marcher !

Nous faisons donc demi-tour vers le camping, nous avons tout de même profité d’une belle vue sur la ville et ses vignobles. Nous retrouvons la troupe des brésiliens avec qui nous prenons l’apéro. Ils font des petits cadeaux aux enfants et nous invitent chez eux lorsque nous serons au Brésil.  

Dernier jour sur Cafayate, on quitte le camping, on va en ville pour y faire 2-3 courses. On mange quelques empanadas pour le repas de midi dans un petit resto autour de la place, avant de reprendre la route vers le sud ouest.

quebrada suite 41

 

Une quarantaine de km plus loin, nous faisons la visite des ruines de Quilmes, un site archéologique datant du IXè siècle, le plus vaste et le mieux restauré d’Argentine. C’était une cité appartenant aux indiens Quilmes, l’une des nombreuses tribus composant la nation diaguita. Les ruines s’étendent à perte de vue dans un décor de roches et de cactus au pied du Cerro Alto del Rey. Ici vécurent jusqu’à 3000 personnes. Les demeures, en forme circulaire, étaient enfouies dans le sol pour résister aux vents froids et violents de la vallée et était recouvertes en partie de chaume. On peut voir aussi des « silos », édifications équipées de mortiers pour moudre les aliments. Les Quilmes cultivaient des céréales et des pommes de terre grâce à un système d’irrigation. Ils élevaient aussi des lamas. Ils étaient réputés pour leur caractère vaillant et insoumis, ils résistèrent d’ailleurs longtemps à l’invasion des incas puis celle des espagnols avant d’être exilés vers Buenos Aires.

5 ruines de Quilmes

5 ruines de Quilmes1

5 ruines de Quilmes2

 

Après cette étape, nous décidons de rouler un maximum car il n’y pas grand-chose d’intéressant dans le coin. La route 40 redevient une piste où nous roulons à 30km/h en moyenne. On croise quelques gauchos (le cow-boy argentin).

Nous nous posons pour le bivouac dans un petit village, Hualfin, derrière une station service. Il est tard, on mange et on se couche. La route va être encore longue avant la prochaine étape…

6-ruta-de-Cafayate-a-Chilecito--Cuesta-Miranda1.jpg

 

 

 

   

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