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24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 21:10

        Du 21 au 28 janvier 2014  

 

La route depuis Cafayate est longue et sans véritable intérêt, nous sommes sur la mythique Ruta 40 et traversons des petits villages comme Belen, Londres et Chilecito…

6 ruta de Cafayate à Chilecito, Cuesta Miranda4

Nous entamons ensuite la cuesta de Miranda, une route panoramique en lacet qui offre un décor sublime et sans cesse changeant : parois déchiquetées et multicolores de la quebrada du Rio Miranda, roches bigarrées de Los Colorados, crêtes enneigées du Famatina.

Mais quelle mauvaise surprise quand à mi-chemin de cette belle route, des travaux nous empêchent de poursuivre. Je suis en colère et demande à l’ouvrier pourquoi aucun panneau n’annonçait ce fait avant ? Bref, nous faisons demi-tour, toujours sous la chaleur et décidons de nous poser au bord du rio Miranda pour s’octroyer une pause fraicheur dans la rivière, au milieu d’un super décor.

6 ruta de Cafayate à Chilecito, Cuesta Miranda5

On repart ensuite vers Chilecito et prenons, par la route 74, la direction de Patquia, ou nous nous arrêtons pour y faire 2-3 courses. Avec cette chaleur, on achète au fur et à mesure nos fruits et nos boissons. La vendeuse nous apprend que c’est dans le coin qu’est mort de chaleur un participant du Dakar. Il fait trop chaud pour cuisiner, nous commandons une pizza et reprenons la route vers 19h30. Il est plus agréable de rouler après le coucher du soleil. Nous arrivons au parc national de Talampaya vers 21h30, on se gare au parking pour le bivouac et admirons le lever de lune avant de se coucher toutes vitres ouvertes !

7 PN Talampaya

Le parc Talampaya, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco fait partie du même bassin que le parc Ischigualasto, situé un peu plus au sud.

Les dépôts sédimentaires qui les composent datent de l’ère triasique. Nées de l’accumulation de débris animaux et végétaux, à une époque où les dinosaures abondaient, ces strates sédimentaires furent brusquement ramenées à la surface au moment du surgissement de la cordillère des Andes. D’où l’aspect chaotique et le gigantisme des formations géologiques. Du parc, déchiquetées par le vent et un climat extrême : suivant les saisons, la température peut attendre 60° et chuter sous 0° la nuit. D’où l’intérêt des paléontologues pour cette contrée où il suffit de se baisser pour découvrir des fossiles de dinosaures ! Car à la différence des autres régions du monde, où les strates triasiques sont enfouies à près de 1km sous terre, l’ère triasique se lit ici comme un livre ouvert.

Talamapaya est en fait une sorte de canyon, une faille de 4km de longueur sur 140m de hauteur. Ses parois rouge vif (oxyde de fer) sont splendides dans la lumière du matin. On peut alors observer des étonnantes formations aux noms évocateurs : la cathédrale, le totem, le moine, le tunnel acoustique…

A l’entrée, des centaines de pétroglyphes témoignent du caractère sacré des lieux.

7 PN Talampaya1

On se lève tôt pour visiter le parc, qui n’est qu’accessible qu’en excursion organisée à bord d’un petit bus. On part donc pour une balade de 3 heures.

7 PN Talampaya2

Sur la route, nous apercevons des lièvres de Patagonie, des condors et des nandous. Le canyon est superbe, mais on est assez déçu par le prix et surtout le manque de liberté quand on passe par un tour. Pas le temps de faire toutes les photos que l’on voudrait. Les paysages sont de plus assez ressemblants à ceux des quebradas autour de Cafayate ou même ceux des Etats-unis.

7 PN Talampaya3

7 PN Talampaya4

A la fin de cette visite, on mange des délicieuses pâtes au camarones et décidons donc de zapper la vallée de la lune (PN Ischigualasto), située un peu plus bas.

7 PN Talampaya5-001

On file donc vers San Augustin del  Valle Fertil. Il fait très chaud, on rêve de se baigner, mais on ne trouve aucun camping avec piscine à un prix abordable et continuons donc notre route vers San juan.

Sur le trajet, se trouve un sanctuaire consacré à  « la Difunta Correa ».  Ce sanctuaire, à l’image de ceux que l’on trouve sur toutes les routes argentines du « Gaucho Gil », la difunta correa est un personnage incontournable de la tradition du pays. Elle est l’objet d’une immense vénération, comme en témoignent les innombralables oratoires érigés sur toutes les routes et pistes argentines, reconnaissables à leur couleur bleues et aux bouteilles déposées au pied des autels (ceux du Gaucho Gil sont rouges).  

L’histoire raconte que cette femme était partie de chez elle avec son bébé pour rejoindre son mari, prisonnier de guerre. Elle traversa les montagnes désertiques de San Juan et mouru d’épuisement et de soif (d’où les bouteilles), mais le nourrisson avait miraculeusement survécu en tétant le sein de sa mère.

8 Difunta correa-001

Aujourd’hui, elle est enterrée dans le hameau de Vallecito. Sur une bute où a été construite une petite église, les gens viennent par milliers déposer des ex-voto. Le lieu est hallucinant, il y a des bouteilles en plastiques par centaine, toutes sortes de choses incroyables que les gens déposent pour attirer la chance (maquettes de maisons, plâtres, plaques de voitures, vêtements de bébé,…)

Après cet arrêt bucolique, on arrive à San juan, nous tombons sur un Walmart, c’est toujours une drôle d’émotions de retrouver ces supermarchés. Après 1h30 de courses, nous reprenons la route la nuit tombée. On s’arrête pour le bivouac sur une petite aire en pleine quebrada.

9 San Juan, vers Calingasta

Au reveil la journée s’annonce encore très chaude. On roule dans la vallée de Calingasta, longue vallée fertile irriguée par les eaux du Rio Los Patos et du Rio Blanco. Ici ça respire la mort au vu des nombreux animaux étalés au bord de la route. La chaleur y est intenable, avec son vent brulant ( Zonda, le vent des fous), impossible d’ouvrir les fenêtres en roulant. Nous faisons un petit arrêt photos au Cerro El Alcazar, splendide ! Son nom vient des formes étranges rappelant celle de l’Alcazar de Séville.

10 cerro el alakazar dans la valle de calingasta

talampaya 5078

Puis nous continuons vers Barreal. Le village est charmant et tranquille, une halte bienvenue après ces journées de routes sous la chaleur. Son cadre est grandiose, à 2000m d’altitude, au pied de la section la plus élevée de la cordillère des Andes. Le Cordon de Ramada et le Cordon de la Ancilta regroupant à eux seuls 6 pics dépassant les 6000m.

On se pose au camping municipal, qui pour une fois n’est pas bondé de monde. Il y a une piscine, des douches chaudes, des lavabos ou je fais la lessive à la main et des stationnements munis d’électricité, tables et parias. Les enfants s’amusent et se font des nouveaux amis. Pour nous, comme d’hab, c’est rangement, ménage et lessive. Le soir Pierre nous fait un assado. On fait ensuite connaissance avec un jeune couple de français vivant à Bruxelles : Pierre et Elodie, venus passer un mois et demi en Argentine. Nous discutons et buvons ensemble toute la soirée.

11 Barreal + PN Leoncito

Le lendemain, on quitte le camping vers 10h et embarquons avec nous le jeune couple, pour le PN de Leoncito connu pour ses arbres et son observatoire astrologique. Il y a 30km à faire, dont 8 de piste. On se pose au camping du parc qui est gratuit, mangeons, et partons ensuite à pieds vers la cascade (5km A/R). L’endroit est tranquille, nous y passons un bon moment, et prenons tous une petite douche, puissante et froide.

11 Barreal + PN Leoncito1

11 Barreal + PN Leoncito2

De retour au camping, on fait un peu d’école. Le soir, il fait froid et le ciel assez couvert, impossible donc de profiter d’une visite nocturne à l’observatoire du parc. On partage tous ensemble des pizzas cuites au barbecue, dont une finira par terre (merci Pierre), et une salade de fruit. La nuit sera très fraiche.

On part vers 10h, toujours en compagnie de nos amis. Débute une piste de 40km vers Uspallata. On aperçoit au loin Barreal Blanco, une immense dépression qui est en fait un lac asséché dont le lit très étendu (14km x 2km !) parfaitement plat et lisse, est balayé par des vents thermiques quotidiens. C’est donc un cadre idéal et mondialement connu pour pratiquer le char à voile (carrovelismo).

12 Uspallata + ruta 52 (7ans au Tibet)

On s’arrête ensuite en bord de route pour manger, avec une très belle vue sur les montagnes de la cordillère. Il y a des cheveux sauvages et beaucoup de nandous (sorte de petite autruche).

A Uspallata, jolie oasis de peupliers dans une vallée désertique, on dépose Pierre et Elodie, qui prennent le bus pour Mendoza, leur voyage touche à sa fin.

Nous prenons de notre coté la route 52, qui a servi de décor pour le film «  7ans au Tibet » : magnifique paysage de montagnes et piste vertigineuse en lacet, avec un col à 2800 mètres. Les sommets polychromes rappellent ceux des montagnes d’Asie. Sur le trajet, nous croisons un joli renard des Andes peu farouche. et nous coinçons une pierre entre les roues jumelées que Pierre parviendra assez facilement à enlever avec la barre à mine.

12 Uspallata + ruta 52 (7ans au Tibet)1

12 Uspallata + ruta 52 (7ans au Tibet)2

Nous arrivons vers Mendoza après plusieurs heures de piste, la route deviens enfin goudronnée, il est 19h, on est fatigué. On va dans le quartier d’El Challao, en périphérie de la ville, pour un peu plus de tranquillité. On dégote un camping sympa, pas cher, avec tous les services.

13 Mendoza

Le lendemain, nous skypons un peu la famille et Pierre s’organise pour retrouver Paulo un pot du skatepark de Millau venu passer du temps en Amérique du sud, il est à Mendoza en ce moment. Après le repas, nous partons donc dans le centre ville retrouver l’ami Paulo. On passe l’aprèm avec lui. Nous retournons au camping dans la soirée.

13 Mendoza1

Le lendemain, nous prenons la direction de la RN 7 et traversons au passage les vignobles de Mendoza. On s’arrête au lac artificiel de Potrerillos pour manger. On continu notre route dans des paysages de montagnes, passant la station de ski de Los Penitentes.

        14 Ruta 7 + Aconcagua

Plus loin, on fait un arrêt photos au Puente del Inca, une formation géologique de 47m de long sur 20m de large et 6 m d’épaisseur, construite au fil des millénaires par les dépôts de fer et de souffre contenus dans l’eau de la rivière et reconnaissable à leur couleur jaune-orangé. Cela forme donc un pont naturel au dessus du Rio Las Cuevas. Dommage que le décor soit gâché par les ruines d’un ancien hôtel thermal de luxe.

14 Ruta 7 + Aconcagua1

A quelques kilomètres de là, nous distinguons le toit des Amériques : le mont Aconcagua ! C’est le plus haut sommet de l’hémisphère sud 6960m ! Nous nous garons sur le parking à l’entrée du parc national de l’Aconcagua. Nous y faisons un peu d’école avant de nous coucher.

14 Ruta 7 + Aconcagua2

Réveil à 8h, le temps est clair et ensoleillé. Nous partons sur le sentier faire la petite balade de 2 km au pied du géant. Les trekkings de plusieurs jours pour escalader le mont, les enfants en rêvent mais je pense que c’est viser trop haut pour nous. Nous aurons la chance de voir l'hélico venu réapprovisionner les refuges, Théo en profite pour aller voir l'intérieur.

14 Ruta 7 + Aconcagua5

14 Ruta 7 + Aconcagua4

talampaya 5386

Après notre petite rando, nous prenons ensuite la route pour notre second passage au Chili…

14 Ruta 7 + Aconcagua6

 

mendoza

   

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Published by ensemble-autrement-au-bout-du-monde - dans Argentine
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commentaires

Roselyne 09/06/2014 18:43

BRAVO BRAVO BRAVO!!! vous êtes allés au bout de vos rêves, Mauro a été fidèle réussite totale, chapeau bas!!!!
Photos incroyables! couleurs magiques
pensées amicales à vous 4

nounou 26/03/2014 10:02

Vous vous êtes trompés , ce n'était pas le hameau de

Vallecito mais un dépôt d'immondices , reprogramme ton GPS.

Bisous à vous tous.